Ce 16 octobre, à l’heure de la sieste, branle-bas de combat ! De la fumée s’échappe de la coupole de la cathédrale. Immédiatement alertés, les pompiers convergent vers la bâtisse historique. Aidés par les forces de l’ordre nationales et municipales, ils sécurisent rapidement le périmètre à l’aide de rubalises et sortent illico presto de leurs engins motorisés.
Sur place, le directeur de cabinet du préfet, Emmanuel Coquand, la directrice des affaires culturelles, Isabelle Chardonnier, et le colonel Mathieu Malfait rassurent les journalistes présents. « Il s’agit d’un exercice », déclare Emmanuel Coquand devant la grande porte monumentale. « C’est une opération conjointe visant à protéger et évacuer en toute sécurité les œuvres d’art inestimables de la cathédrale. »
Dans toutes les têtes, chacun pense au terrible incendie de Notre-Dame de Paris du 15 avril 2019.
Conformément au plan de sauvegarde des biens culturels, les 40 soldats du feu se voient confier des missions spécifiques. « La priorité absolue, c’est le trésor », confirme le colonel Malfait. Dans la salle du plus petit musée de la ville, les pompiers s’activent à ouvrir les armoires contenant des chasubles et des coupes. Ils en ressortent les objets précieusement enveloppés et rapidement évacués par l’arrière du bâtiment religieux. Au passage, leur photographe, Jacques Gouery, immortalise chaque pièce afin d’éviter toute perte ou confusion lors des manoeuvres. « Ces trésors seront transférés en lieu sûr », précise la directrice des affaires culturelles.
À l’intérieur de l’édifice, sur l’autel et dans les chapelles, les combattants du feu déploient désormais des bâches protectrices sur les statues et les sépultures. À l’extérieur, des techniciens surveillent l’évolution de la situation à l’aide d’un drone, tandis que la grande échelle est installée le long de la façade baroque. « Cela me donne la chair de poule », confie une passante admirative. « Ces hommes sont incroyablement courageux. »
Dans cette effervescence organisée, les pompiers ne peuvent s’empêcher de penser aux monuments déjà marqués par des drames similaires en Ille-et-Vilaine. Le Parlement fut la proie des flammes en 1994, l’église Saint-Thérèse en 2018, et l’ancien séminaire de Saint-Méen-le-Grand, tout récemment. « Vingt-neuf sites sont déjà protégés par un plan de sauvegarde des biens culturels », rappelle le colonel Malfait. Vers 16 h, les soldats du feu commençaient à quitter les lieux.


