L’enquête sur le braquage à main armée de la bijouterie de Villejean (voir notre article) vient de connaître un dénouement pour le moins inhabituel. Après l’interpellation d’un premier suspect, mineur, au petit matin, il y a déjà quelques jours, les policiers rennais recherchaient toujours son complice présumé. Il a finalement été conduit manu militari au commissariat par son propre père à l’hôtel de police, ce vendredi.
Les deux adolescents ont depuis été présentés à un juge, durant le week-end. Ils ont été placés en détention provisoire dans un établissement pour mineurs, dans l’attente des suites de la procédure judiciaire. Une belle affaire résolue par les enquêteurs rennais, quelques semaines après une attaque qui avait fait grand bruit dans le quartier.
Les faits remontent au mercredi 8 juillet. Vers 12 h 05, la sonnette retentit à la bijouterie de Jean-Yves Jourdan, située au 15, cours Kennedy. Le commerçant s’apprête alors à partir déjeuner avec un voisin. « Comme il n’y avait personne, j’avais baissé les lumières. Le premier est entré. Il avait laissé la porte entreouverte et un autre est rentré derrière », racontait-il à Rennes Infos Autrement.
L’un des deux individus brandit alors un pistolet et ordonne au bijoutier de s’allonger. « Très menaçant, avec une arme, il nous a dit de nous mettre à plat ventre. » Mais Jean-Yves Jourdan refuse d’obtempérer. Il regarde son agresseur et déclenche discrètement le dispositif d’alerte relié à sa société de protection.
Ce geste aurait précipité la fuite des deux braqueurs. « Je pense qu’il a été déstabilisé. Il croyait aussi sans doute que j’étais seul. Mais ma collaboratrice, qui était derrière, est arrivée. Entre l’alarme et sa présence, c’est certainement pour cette raison qu’ils sont repartis. »
Resté maître de lui pendant l’attaque, le commerçant avait mesuré le danger après leur départ. « Mon employée a éclaté en sanglots. Mon cœur battait, lui, à 100 à l’heure. J’ai pris un risque, mais je n’ai pas voulu céder. » Installé à Villejean depuis 2004, Jean-Yves Jourdan avait déjà subi trois braquages et un cambriolage. En 2008, il avait notamment été blessé lors d’une attaque.



