« On est bon pour remballer les valises (fraîchement dépoussiérées) pour les voyages en coupe d’Europe l’an prochain », lâchait Nicolas, amer, à la sortie du Roazhon Park. Autour de lui, le constat était partagé. « C’est fatiguant ! Sur 4 matchs contre Le Havre et Lorient, on prend 2 points et on encaisse 9 buts ! Et ça veut jouer l’Europe ! », pestait Arnaud. Même l’humour ne masquait plus la déception. « On avait l’impression d’être revenus à la pire époque de Jorge Sampaoli », ajoutait Hippolyte, sourire crispé.
Battus 2-0 par Lorient, leur bête noire du moment, les Rennais ont livré une prestation bien trop terne pour un derby au Roazhon Park, ce samedi soir. Plombés par leurs propres erreurs et incapables de faire plier un bloc morbihannais bien en place, les Rouge et Noir ont laissé filer une occasion en or de se rapprocher du podium. Le Stade rennais entame pourtant la rencontre avec de l’envie. Mais à la 3e minute, grâce à une relance interceptée au milieu, Montassar Talbi sert Jean-Victor Makengo dans l’axe. Le milieu lorientais accélère et ajuste Brice Samba d’une frappe à ras de terre. Rennes est déjà mené (1-0).
La réaction bretonne ne tarde pas. Breel Embolo frôle l’égalisation de la tête (15e), puis croit marquer d’une superbe aile de pigeon avant que le VAR ne signale un hors-jeu (27e). Rennes pousse, Lorient plie mais ne rompt pas. À la pause, les Merlus mènent toujours 1-0, malgré une domination rennaise nette dans le jeu et la possession. Au retour des vestiaires, le scénario se répète. Mais plus Rennes se découvre, plus Lorient se projette. À la 77e minute, le coup de grâce tombe. Sur une contre-attaque rapide, Arthur Avom déborde et centre dans la surface. Le ballon, légèrement dévié, arrive sur Pablo Pagis qui reprend de l’extérieur du gauche devant Samba. 2-0. Le Roazhon Park se fige.
Rennes n’y reviendra pas. Il manque l’occasion de recoller au podium et voit les doutes s’installer. Au-delà du score, c’est le contenu de la seconde période qui interroge. « Cette seconde période me dérange un peu, on a semblé résigné », reconnaissait Habib Beye après la rencontre. « On a manqué de justesse, de leadership. » Le technicien rennais pointe aussi les limites face aux blocs bas. Beaucoup de tirs, peu cadrés. Beaucoup de ballons excentrés, peu de présence dans la surface. « On est clairement moins bons que les autres sur cet aspect-là », admettait-il, lucide. La suite s’annonce relevée, avec Monaco, Marseille et Lens au programme. « Le challenge est élevé », concède Habib Beye. «Ce sont des équipes réputées pour être dans la course avec nous. Ce sera, en plus, à l’extérieur. Ça nous apporte de la motivation même si celle-ci ne doit pas dépendre de l’adversaire. »
STADE RENNAIS. Samba – Seidu, Jacquet, Brassier – Frankowski (Tamari, 60′), Rongier, Cissé (Blas, 60′), Camara (Szymanski, 77′), Merlin – Embolo (Legendre, 81′), Lepaul (Meité, 60′). FC LORIENT. Mvogo – Meïté, Talbi, Silva (Adjei, 74′) – Le Bris, Cadiou, Abergel, Kouassi – Makengo (Avom, 63′), Dieng (Soumano, 74′), Karim (Pagis, 63′).


