Tournez manège. Le choix du Grand Huit, pour la présentation de la prochaine candidature de la maire sortante, a beaucoup fait sourire chez ses opposants. « Le message envoyé par Nathalie Appéré est clair sur le fond comme sur la forme : Tournez manège ! On prend les mêmes et on recommence. Les mêmes causes conduiront aux mêmes renoncements », a réagi Charles Compagnon, élu d’opposition et candidat aux élections municipales.
Pas de rouge ! La maire de Rennes et nouvelle candidate, Nathalie Appéré, aime le rouge. Pour chacune de ses représentations publiques, elle choisit cette couleur. Mais là, ce fut du vert lors de sa présentation officielle de candidature, comme un clin d’œil à ses nouveaux alliés écologistes. On a dit à la candidate que le vert sur scène portait la poisse ?
Qui a le sourire ? Lors de la présentation officielle de la candidature Nathalie Appéré, à l’espace forain du Grand Huit, tout le monde était dans ses petits souliers. Sniper attitré du centre droit, le conseiller municipal Loïck Le Brun a surtout remarqué les visages figés des colistiers de Nathalie Appéré sur la photo publiée dans le journal Ouest France. « Cela ne rigolait pas du tout », ironise-t-il.

Liberté de la presse. La maire de Rennes Nathalie Appéré a invité la presse pour présenter ses prochaines ambitions aux municipales, au Grand Huit. Sa rivale Marie Mesmeur (Insoumise) a fait de même, le lendemain à Villejean. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que la presse était triée sur le volet, à chaque fois. Pour l’heure, seule la candidate Révolution Permanente a daigné nous envoyer son communiqué. La liberté de la presse est-elle à géométrie variable dans la gauche rennaise?
Mais ont-ils les moyens? « Communication : donner de la voix à notre projet ! Relations presse, réseaux sociaux, visuels, newsletters, ripostes médiatiques, site web… Toutes les énergies sont bienvenues », explique la liste menée par Nathalie Appéré dans un appel à volontaires. Notre journal est joignable à l’adresse suivante : [email protected]. Si l’on peut aider !
Encore un préfet à droite. Franck Robine a été directeur de cabinet de Christian Jacob au ministère de la Fonction publique (2006-2007), chef de cabinet du Premier ministre François Fillon à Matignon de 2007 à 2012, avant d’être nommé aux côtés de Bruno Retailleau en septembre 2024. Bref, son profil est marqué à droite. Décidément, dans la capitale rose de la Bretagne, les gouvernements aiment envoyer des profils marqués à droite; Après Malgorn et Gustin, la municipalité rennaise aura la même voix.
Ralliement communiste. « Nous ne voulons pas travailler aux divisions à gauche, nous ne l’avons jamais fait », a expliqué Yannick Nadesan dans le journal Ouest France. Avec ses 127 adhérents dans la capitale bretonne, le risque était en effet très grand! Pour la petite histoire, seulement 1,33% des communistes appelaient à rejoindre les Insoumis, soit un communiste…
Le Jarl comme repoussoir ! Entre les Insoumis et les socialistes, cela ne rigole plus du tout. Christophe Fouillère, second couteau et soldat zélé de la gauche majoritaire, est allé chercher la petite bête (en l’occurrence le Jarl)! Le militant a ressorti une capture d’écran du compte de Régine Komokoli, colistière de Marie Mesmeur. On y voit sa rivale partageant une vidéo de l’influenceur de la droite dure. « À cette période-là, notre quartier de Villejean vivait une situation très dure (fusillades, trafic…), se justifie l’intéressée. J’ai partagé une vidéo d’un certain Jarl qui semblait parler avec calme et bienveillance. Je ne savais pas qu’il appartenait à l’extrême droite. Dès que des camarades mieux informés m’ont alertée, j’ai retiré la vidéo. Certaines personnes d’extrême droite utilisent un ton doux, protecteur, parfois même des discours pseudo-féministes pour faire passer des idées dangereuses et racistes ; oui, cela existe, un féminisme d’extrême droite. » Si les féministes sont maintenant d’extrême droite…
Une primaire qui fait flop. L’Espoir rennais, liste défendue par Thomas Rousseau, a proposé une primaire à droite pour déterminer la tête de liste qui portera l’alternance. Un mois plus tard, l’idée a fait flop. NiCharles Compagnon ni Carole Gandon (candidats du centre droit) n’ont repris la balle au rebond. En aparté, leurs militants ne seraient plus du tout inquiets par la présence de Thomas Rousseau et ses amis au premier tour. « Il est coincé entre l’extrême droite et nous », indiquait l’un d’eux. « Qu’il y aille! » Le rapprochement n’est pas pour demain.
Il persiste et signe, pourtant. « Depuis de nombreux mois, L’Espoir rennais porte la conviction qu’il est nécessaire d’engager une rupture à la fois idéologique et programmatique pour répondre aux attentes légitimes des Rennais. Notre coalition de la droite et du centre réaffirme ainsi son ambition : rassembler, dans un esprit de responsabilité, l’ensemble des forces d’alternance afin de construire l’après-Appéré. Nous saluons d’ailleurs les positions exprimées par les responsables de l’opposition, qui témoignent d’un sens partagé de l’intérêt général.» Une unité qui, pour l’instant, reste surtout théorique.
Appel du pied ! Ancien conseiller municipal de l’opposition, Gurval Guiguen croit encore au rassemblement. « Carole Gandon annonce qu’elle unit ses forces à celles de Charles Compagnon, qui vient de se déclarer candidat. Cela n’avait rien d’évident et c’est un vrai motif d’espoir pour tous les Rennais qui se disent, après cinquante ans de pouvoir sans partage, qu’il serait peut-être temps d’opérer une respiration démocratique. Ce mouvement de rassemblement doit se poursuivre et s’amplifier. (…) C’est une chance inouïe, une perspective de victoire, ne la laissons pas filer. Nous sommes aujourd’hui à quatre mois du vote, le rassemblement doit se faire et il doit se faire maintenant. » À Rennes, jamais autant de listes ne se sont proclamées rassembleuses… de chaque côté.


