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jeudi 23 juillet 2026
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CHU : à l’épreuve de chaleur

Depuis le mois de mai, les épisodes de chaleur mettent les équipes du CHU de Rennes à rude épreuve. Dans plusieurs services, les soignants racontent avoir dû improviser pour tenter de faire baisser la température. « On s’est débrouillés en mettant des couvertures de survie aux fenêtres et des bouteilles d’eau glacée devant de petits ventilateurs », confie un membre du service de gériatrie. « Mais c’est insuffisant. Les températures ont dépassé 36 °C dans plusieurs unités de soins.»

Pour les organisations syndicales, ces conditions sont devenues « inacceptables », tant pour les patients que pour les professionnels. « Il y a un an, nous avions déjà lancé une alerte après avoir relevé jusqu’à 39 °C dans l’EHPAD », rappelle un représentant de Sud CHU, syndicat majoritaire. « Nous avions demandé l’installation de ventilateurs plafonniers pour améliorer la ventilation des grandes pièces de vie. La direction ne peut pas dire aujourd’hui que les fortes chaleurs étaient imprévisibles. »

Ce constat tranche avec les ambitions affichées par le CHU dans son projet d’établissement 2024-2028. L’hôpital s’y félicite d’avoir été le premier établissement français à obtenir la certification « Haute qualité des soins » de la Haute Autorité de santé et affirme vouloir améliorer « la qualité de l’accueil, le confort hôtelier, le séjour des patients ainsi que les conditions de travail des professionnels ».

 On n’en peut plus »

Sur le terrain, le ressenti est bien différent. « La charge de travail devient énorme », assure un représentant de Sud Santé. « Beaucoup de personnels sont passés de journées de 7 h 30 à des journées de 12 heures. En pleine canicule, cela signifie travailler douze heures d’affilée dans des locaux où il fait parfois entre 32 et 35 °C. »

 la direction fait semblant d’agir », un médecin du CHU.

Au Centre chirurgical et interventionnel (CCI), une salariée évoque même un climat de plus en plus pesant. « Ce lundi, une nouvelle infirmière a démissionné. On n’en peut plus, on est à bout. Le sous-effectif, notamment chez les perfusionnistes, et le management provoquent beaucoup de souffrance. »

Face à cette situation, plusieurs représentants du personnel réclament une expertise indépendante sur les risques psychosociaux. Contre cela, La direction met en avant les investissements réalisés ces dernières années. Elle affirme avoir consacré des « ressources majeures » à la rénovation des unités de soins entre 2018 et 2022 et souligne la création de 86 équivalents temps plein médicaux seniors ainsi que de 645 équivalents temps plein non médicaux.

Les syndicats contestent toutefois cette présentation. Selon une représentante de la CGT, ces chiffres ne reflètent pas la réalité quotidienne des services. Elle cite notamment la suppression de trois postes à la blanchisserie et la fermeture de quatre lits sur trente en neurologie. L’arrivée d’un nouveau directeur des ressources humaines, Jérôme Brugallé, suscite malgré tout quelques attentes. « Nous attendons la rentrée pour voir si des améliorations concrètes sont mises en œuvre », indique prudemment la CGT. Du côté de Sud CHU, l’optimisme est toutefois plus mesuré. « Les directeurs changent, mais la politique générale de l’hôpital reste la même », estime un syndicaliste. « Ce sont toujours les restrictions budgétaires qui dictent les décisions. »

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