Pas d’étiquettes politiques. C’est une nouvelle manie. Les candidats évitent de donner leurs étiquettes politiques. Aujourd’hui, à droite et à l’extrême droite, les chefs de file sont à la tête de listes suivantes : Vivre Rennes (centre droit), L’Espoir rennais (Les Républicains) et Rassemblement pour Rennes (RN, UDR). À gauche, on retrouve Faire mieux pour Rennes (La France insoumise), Rennes solidaires (socialistes-écologistes), Reprenons Rennes aux politiciens professionnels (Révolution permanente)… Cela a dû turbiner sec chez les communicants.
Un candidat en trans ou transe ! Julien Masson, candidat RN, a certainement peu goûté la sortie d’un député de son camp politique. Dans un amendement au projet de loi de finances, Matthias Renault s’est indigné de l’argent public accordé aux Trans Musicales. Il a qualifié l’évènement de « structure idéologique et militante » et de « festival d’artistes transgenres». Sur X, Julien Masson a tenu à tweeter. « J’ai passé de très bonnes soirées aux Trans, j’y ai aussi travaillé, j’étais malheureusement trop jeune pour y découvrir les Daft Punk, Nirvana et d’autres… Je ne manquerai pas de trans-mettre une invitation à Matthias !» On attend de voir son collègue sur scène.
Des petites listes aux combats singuliers. Lors de ces campagnes municipales, les petites listes donnent un peu d’air. Elles sont nombreuses à proposer des alternatives, de nouvelles idées et de nouveaux combats. Parfois, elles livrent même des chiffres alarmants. « D’après une étude menée par Rennes Métropole, 32 % des jeunes de moins de 30 ans vivent sous le seuil de pauvreté », explique le Parti des travailleurs. « 12,5 % des étudiants ne mangent pas à leur faim. Le rôle d’une municipalité n’est-il pas d’agir contre la politique de Macron qui frappe la jeunesse ? Les retards de versement des bourses aggravent encore la précarité existante. « La mairie doit se porter aux côtés des jeunes face à cette situation inadmissible. » Il n’y a pas que l’insécurité…
Narcotrafic au coeur du débat. « À Rennes, la préfecture a engagé huit procédures d’expulsion de familles liées à des activités de narcotrafic et fermé deux commerces soupçonnés de blanchiment d’argent », rappelle Charles Compagnon (Vivre Rennes). « Pendant six ans, on nous a expliqué que l’on ne pouvait rien faire, que les outils n’existaient pas ou que ce n’était pas le bon niveau d’action. Les décisions prises aujourd’hui démontrent clairement l’inverse », réagit-il. Au passage, il attaque la municipalité. « Ces décisions soulignent également le rôle central que doit jouer la municipalité aux côtés de l’État. La sécurité est une responsabilité partagée. Quand l’État agit, la Ville doit être au rendez-vous. La question n’est plus de savoir si l’on peut agir, mais si l’on a le courage politique de le faire. À Rennes, il est temps de changer de méthode et d’assumer une action déterminée contre le narcotrafic. »
Un dossier brûlant. Un rapport récemment rendu public met en lumière de graves dysfonctionnements dans la gestion du chantier de modernisation de l’incinérateur de Rennes (UVE de Villejean). « Ces révélations confirment les alertes formulées depuis plusieurs mois par L’Espoir rennais, restées sans réponse de la majorité municipale et métropolitaine. Le rapport souligne des dérives importantes : arrêts de chantier, externalisation coûteuse du traitement des déchets, rupture de contrats… Un seuil particulièrement préoccupant vient d’être franchi avec une demande de 25 millions d’euros de dommages et intérêts, faisant peser une menace financière considérable sur les finances publiques locales, alors que la ville est déjà surendettée. L’Espoir rennais demande une transparence totale sur les responsabilités de ce désastre financier et écologique, un plan d’action pour sortir de ce marasme et une information claire adressée aux Rennais», indique Thomas Rousseau (L’espoir rennais). Il fut un temps où l’on cherchait les scandales de la République dans les poubelles…
Ça chauffe…« En hiver à Rennes, les températures se situent entre 3 et 10 °C, avec en moyenne 30 jours de gel sur la saison », rappelle Marie Mesmeur, candidate insoumise. « De nombreux habitants, notamment dans les quartiers sud, sont touchés par une panne de chauffage et d’eau chaude depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Dans certains logements, la température intérieure ne dépasse pas les 10 °C, rendant parfois l’intérieur plus froid que l’extérieur. Cette situation appelle une réponse politique forte. Si les agents techniques du réseau sont actuellement mobilisés et font de leur mieux pour réparer des installations jugées vétustes et vieillissantes, ce constat met en lumière des manquements structurels dans la politique de mise en œuvre du réseau de chaleur urbain. Il souligne également l’urgence d’une planification rigoureuse et crédible de la modernisation du réseau, afin d’éviter qu’une défaillance d’une telle ampleur ne se reproduise à l’avenir. » Cela chauffe aussi entre les Insoumis et les socialistes.
Le Parti breton apporte son soutien à Charles Compagnon. Le Parti breton annonce officiellement son soutien à Charles Compagnon (Vivre Rennes !). « Ce soutien traduit une cohérence politique fondée sur des valeurs partagées : défense des territoires, respect des identités locales, responsabilité et proximité de l’action publique. Rennes, métropole bretonne, joue un rôle majeur dans l’équilibre et le rayonnement de la Bretagne. Face à une centralisation excessive des décisions et à une gouvernance de plus en plus éloignée du terrain, le Parti breton défend une vision de la ville fondée sur le bon sens, l’écoute et la confiance accordée aux acteurs locaux. En rejoignant Vivre Rennes !, le Parti breton entend contribuer activement à la construction d’un projet municipal ambitieux, enraciné dans la réalité bretonne, respectueux des libertés locales et tourné vers l’avenir. »
Des centristes pour L’Espoir rennais. À moins de deux mois des élections municipales, le parti Les Centristes, présidé par Hervé Morin, président de la Région Normandie, réaffirme son soutien à la liste L’Espoir rennais menée par Thomas Rousseau. « Thomas incarne une droite courageuse et claire, et nous partageons les mêmes valeurs et priorités pour Rennes : proposer un projet ambitieux et cohérent pour endiguer l’insécurité, relancer l’attractivité économique de la ville et mettre fin à cinquante ans de socialisme. Cette alliance concrétise l’union de la droite et du centre, attendue par de nombreux Rennais, qui veulent aussi tourner la page des échecs d’Emmanuel Macron. » Stéphanie Perrault, déléguée départementale Les Centristes 35, figurera sur la liste de L’Espoir rennais aux côtés de Thomas Rousseau. De quoi agacer le… centriste Charles Compagnon (Horizons).
Des vœux en vidéo. « En raison de l’activation du plan blanc, les vœux aux personnels hospitaliers du CHU de Rennes ne se tiennent pas dans leur format habituel », a confié la maire sortante, Nathalie Appéré. « En tant que présidente du conseil de surveillance, j’ai tenu à souhaiter, en vidéo, une très bonne année 2026 à toutes celles et ceux qui font vivre notre hôpital public. Par-delà les contraintes et les difficultés, leur engagement est quotidien : merci infiniment. » De quoi faire grincer les internautes : a-t-elle peur d’affronter les gens ? Une critique qui fait écho à celles de ses adversaires qui lui reprochent de ne pas venir dans l’a..rennes.
Des jeunes brossés dans le sens du poil. « J’ai eu le plaisir de remettre à près de 400 jeunes citoyens rennais leur première carte d’électeur », confie Nathalie Appéré sur son réseau social. « Un moment symbolique, qui marque l’entrée dans la vie civique et rappelle l’importance du droit de vote dans notre démocratie. » Dans un autre post, elle précise : « Candidate aux élections municipales 2026 à Rennes, je respecterai scrupuleusement le code électoral dans l’utilisation de mes réseaux sociaux.» Elle dispose de deux comptes distincts, l’un pour sa campagne, l’autre pour son action de maire. La frontière est parfois difficile à distinguer…
Enfin candidate. Nathalie Appéré a accordé en exclusivité l’annonce de sa candidature dans les colonnes d’Ouest-France. Chez certains médias concurrents, cela n’a pas été du goût de tout le monde et c’est un euphémisme. « Elle se tire une balle dans le pied en faisant cela. Elle se met à dos des journalistes pourtant à gauche, qui vont lui reprocher cette exclu », commentait l’un d’eux. « Elle aurait mieux fait de l’annoncer partout en même temps auprès de tous les journaux. C’est une erreur stratégique.» Ce dimanche, la candidate a finalement livré un message sur les réseaux sociaux pour annoncer sa candidature.


