CECI EST UN TEST 1
Actualités Municipales rennes

CAROLE GANDON : SA VISION DE NATHALIE APPÉRÉ, SA PRATIQUE DU POUVOIR ET SES AMBITIONS

test2

Carole Gandon (En Marche) était encore une inconnue à Rennes, il y a quelques mois. Candidate à la mairie de Rennes, elle a « ratissé » les quartiers et rallié de nombreuses personnalités sous sa bannière. En cas d’élection, quelle sera sa pratique du pouvoir ? Comment gérera-t-elle le conseil municipal ? Interview à bâtons rompus d’une femme ambitieuse pour sa ville.

Quand avez-vous connu Nathalie Appéré ?

A Sciences-po, nous ne nous sommes pas du tout côtoyées ! Nathalie Appéré n’est pas du tout de la même promotion que moi. Je ne l’ai pas rencontrée non plus au PS où j’étais militante lorsque j’ai travaillé à Paris. Je l’ai connue au moment où je me suis engagée dans la vie politique rennaise quand j’étais référente départementale de mon parti.

Quelles sont vos relations ?

Lors de plusieurs cérémonies, nous nous sommes croisées ! Elle ne me saluait jamais…et quand nos regards se croisaient, je la voyais baisser la tête, tourner les talons et partir de l’autre côté de la salle ! Pourtant, elle savait pertinemment qui j’étais et je savais qui elle était. Cette attitude m’a un peu frappé.

Qu’avez-vous fait pour entrer en relation avec elle ?

Après trois évènements successifs où j’avais remarqué qu’elle avait ostensiblement cherché à m’éviter, j’ai fini par aller me “camper” devant elle et lui tendre la main. Elle a répondu à mon salut mais elle a eu une réponse expéditive en me disant seulement : “voilà nous sommes désormais présentées…bonne journée”.

On l’a dit plus réservée que vous…

Oui, c’est peut-être son caractère, mais on la voit peu se mélanger. C’est dommage parce que les Rennais me semblent avoir un caractère plutôt ouvert et un contact facile. Ils apprécieraient une maire plus accessible, bien plus au contact et sur le terrain. En 2014, elle voulait multiplier les contacts avec les rennais. Mais depuis trois mois que je ratisse les quartiers, les gens me disent : “on ne voit jamais Nathalie Appéré !” Ils éprouvent un sentiment de nostalgie à l’égard d’Edmond Hervé (ancien maire de Rennes) perçu comme plus plaisant et disponible.

Que proposez-vous pour les Rennais ?

Moi, maire de Rennes, je veux revisiter la façon dont la ville sera gouvernée…et je veux incarner différemment cette fonction de maire. Une fois par mois, je veux m’engager à aller dans les quartiers, rencontrer les associations. Le fil s’est distendu ces dernières années avec les Rennais. Je veux le renouer. Dans les quartiers, je désire aller à l’écoute des besoins, des projets des habitants. Je veux des “conseils municipaux inversés”. Je ne veux pas donner une parole verticale, descendante qui explique aux gens ce qui est bon pour eux !

Toutes les deux, vous avez une formation sciences-po. Qu’est-ce qui vous différencie ?

Pour parler et qualifier les propos de Nathalie Appéré, j’utilise souvent le terme novlangue ! A la différence de ma rivale, j’ai travaillé dans le public, dans le privé. J’ai voyagé, j’ai été monitrice de voile, j’ai été au chômage, j’ai créé une entreprise, j’ai fait des petits boulots. J’ai, et je le crois, les deux pieds dans le sol ! Je veux à tout prix m’éviter de me perdre dans les méandres de la langue de bois. Les Rennais attendent de l’action et non de la communication.

En revanche, elle a le privilège d’être maire, d’avoir présidé un conseil municipal. Sentez-vous vous l’étoffe de gérer un conseil municipal et administrer des centaines d’employés municipaux ?

A-t-on posé la question à Edmond Hervé lorsqu’il s’est présenté à l’âge de 34 ans en 1977 ? Il était universitaire et n’avait pas géré un conseil municipal. Vous me posez peut-être la question parce que je suis une femme…

Non, nous poserons la question aussi à Charles Compagnon…

Je me suis retrouvée dans le cadre de ma vie professionnelle à encadrer des équipes, à gérer des projets complexes et européens à plusieurs millions d’euros où autour de la table je rencontrais quinze partenaires de nationalités différentes et dans ce cadre-là j’ai réussi à fédérer les énergies. Je vous le répète, je me place plus dans une logique d’efficacité et d’action.

Comment comptez-vous gérer des conseils municipaux aujourd’hui ennuyeux ?

On donnera un coup de jeune à la manière dont se passe ce conseil municipal ! Honnêtement, les conseils municipaux sont très longs. Il faut intéresser les citoyens et trouver des formules innovantes.  

Quel regard jetez-vous sur la démocratie participative de Nathalie Appéré ?

C’est un sujet proposé par les Verts ! Nathalie Appéré était plutôt opposée au départ. C’est une initiative importante qui répond à une attente forte. Mais cette démocratie participative mériterait d’être revisitée…

Quelle serait votre pratique du pouvoir ?

Il faut modifier la façon dont cette ville est gouvernée ! Je veut être en rupture dans la gouvernance de la ville. On ne peut plus gouverner une ville comme il y a quinze ans. Les gilets jaunes nous ont fait passer un message sur l’état de santé de notre démocratie. On ne peut plus se contenter d’appeler les citoyens aux urnes tous les six ans. Il faut être dans un dialogue continu avec les habitants.

Quelle forme cela prendra-t-il ?

Je crois dans la force de la puissance représentative. Si je suis élue en mars prochain, j’aurais besoin des Rennais et des Rennaises dans l’application de mon programme. Sur les sujets et projets qui émergeront en cours de mandat, j’associerai les habitants très en amont. Tout le monde pourra s’exprimer, y compris sur les petits projets.

Revenons à Nathalie Appéré, c’est votre principale rivale ?

C’est la maire sortante ! Mais on peut mieux faire qu’elle (sourire)

Avez-vous peur des écologistes ?

C’est Nathalie Appéré qui en a peur…

Ne le prenez pas mal ! Posez-vous une première pierre pour de futures échéances municipales ?

Si Emmanuel Macron s’était dit cela, il n’aurait sans doute pas gagné ! Vous serez très surpris ! Ce scrutin muncipal est très ouvert. Je ne dis pas que je suis certaine de gagner. J’ai une chance de gagner.

On a l’impression que vous cachez votre étiquette.

Les Insoumis nous reprochent cela ! J’assume très bien ma filiation. Mais il ne vous échappe pas que les élections municipales sont un scrutin de liste. Dans ma liste, je suis accompagnée par 61 colistiers et certains d’entre eux ne se revendiquent pas d’e notre mouvement En Marche. Ils sont de sensibilités diverses. Ma liste ne s’appelle pas Rennes en Marche, elle s’appelle Révéler Rennes !

Qui soutient votre campagne ?

Le parti République en Marche me donne zéro euro ! J’ai contracté un prêt personnel. Mon équipe et moi-même, nous avons aussi lancé une campagne de dons, soit près de 30 000 euros. A Rennes, c’est du jamais vu ! C’est le signe que les gens y croient.

Vous avez fait de belles prises politiques. Mais n’interviennent-elles pas un peu  tard ?

Il m’a fallu mettre en place une dynamique. J’étais une inconnue dans un environnement national qui n’est pas forcément favorable. Les belles prises (comme vous les appelez) voient aujourd’hui qu’il se passe quelque chose autour de ma candidature ! Tout cela me donne beaucoup d’énergie pour notre ville.

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

Laisser un commentaire