Murs, portes, façades… Depuis la rentrée, les tags semblent avoir repris de plus belle dans plusieurs rues de Rennes. Dans le quartier Sud-Gare, notamment rue Lobineau, des riverains s’étonnent de voir les inscriptions se multiplier en quelques jours. Un phénomène loin d’être anodin pour la Ville, qui efface chaque année des dizaines de milliers de mètres carrés de graffitis.
« C’est dément ! Jamais vu cela !», s’étonne un habitant du quartier Sud-Gare. Ces derniers jours, de nombreux tags, aux signatures et messages parfois difficiles à déchiffrer, ont fleuri sur plusieurs façades, notamment rue Lobineau (notre photo). Dans cette artère habituellement tranquille, leur multiplication interpelle les riverains et les passants. « Se réveiller le matin et voir cela pose question, surtout que l’on n’y comprend rien », poursuit l’un d’eux.
D’après les informations recueillies par Rennes Infos Autrement, plusieurs signalements et demandes de nettoyage ont été adressés aux services compétents (500!). Des plaintes auraient également été déposées. Le phénomène n’est toutefois pas nouveau à Rennes. En juillet dernier, Rennes Infos Autrement évoquait déjà l’exaspération de certains habitants face à la multiplication des inscriptions. Le sujet s’était même invité dans un dernier conseil municipal, à l’occasion de la mise en place d’un régime d’astreinte pour les agents chargés notamment d’effacer les inscriptions après les manifestations et grands rassemblements.
Par-delà cette émotion, les chiffres donnent une idée de l’ampleur de la tâche. Selon la ville, environ 30 000 m² de tags sont effacés chaque année à Rennes, au cours de quelque 12 500 interventions. La facture atteint 450 000 euros par an pour la collectivité. Différentes techniques sont utilisées selon les supports : hydrogommage, produits spécifiques ou recouvrement à la peinture ou à la chaux teintée. Habituellement, la ville annonce un effacement généralement réalisé sous environ deux semaines, avec une intervention beaucoup plus rapide (un à deux jour) pour les inscriptions injurieuses. Selon les circonstances, les délais peuvent cependant atteindre quatre à six semaines pour les autres tags. Les Rennais peuvent effectuer leurs signalements via l’application « Ici Rennes, Ville et Métropole », un formulaire en ligne ou par téléphone.
À Rennes comme ailleurs en France, tracer sans autorisation une inscription, un signe ou un dessin sur une façade, un véhicule, la voie publique ou du mobilier urbain constitue une infraction. En cas de dommage léger, le code pénal prévoit jusqu’à 3 750 euros d’amende et une peine de travail d’intérêt général. Une amende forfaitaire de 200 euros peut également être appliquée dans les conditions prévues par la loi. Lorsque la dégradation est plus importante, les sanctions peuvent atteindre deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. À l’échelle nationale, la question du coût des graffitis pour les collectivités a d’ailleurs été portée jusqu’au Sénat. Dans une réponse publiée en juin 2026, le ministère de la Justice rappelait notamment le rôle des collectivités dans l’accueil des personnes condamnées à des travaux d’intérêt général.


