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AU CONSEIL MUNICIPAL : LA DIGNITÉ DES GILETS JAUNES FACE AUX DISCOURS POLITICIENS !

Au conseil municipal de Rennes, il est des discours politiques longs, longs, très longs ! Mais face à la colère des gilets jaunes, les élus rennais ont fait encore plus long, ce lundi 3 décembre 2018, lors du temps d’expression politique. Face à l’indignation, ils ont tenté de légitimer leur politique. Ils ont essayé de défendre leur projet comme Tristan Lahais (PS) qui durant une heure a fait l’apologie de l’action de la ville, comme Gaëlle Rougier (écologiste) qui a défendu la transition écologique, comme Jean-Paul Tual (Parti de gauche) qui avait sorti son gilet jaune. 

Plus d’une heure, nos élus ont répondu à la souffrance par des discours. Ils ont répondu à la misère par des chiffres. Ils ont répondu à l’incompréhension par une litanie de mots bien inaudibles face aux maux. “Notre pays est en voie de paupérisation”, a expliqué le porte parole des Lapins jaunes. “De plus en plus de travailleurs ne trouvent plus à se loger, ni à se chauffer. Le pouvoir d’achat des actifs et des retraités est en berne. Cette situation est intolérable ! Nous en avons marre d’être les otages de la finance. Bref, nous en avons marre de nous serrer la ceinture !”

                                                   Des revendications des gilets jaunes

En quelques mots, les gilets jaunes ont proclamé leurs revendications. En quelques phrases, ils ont demandé une “hausse significative du pouvoir d’achat, le relèvement des minimas sociaux, la création de véritables États Généraux de la fiscalité, le retour de l’ISF, la suppression du CICE, l’application de la taxe carbone aux transports aériens et maritimes, le  développement des énergies non fossiles, autre que l’électricité nucléaire pour les véhicules terrestres à moteur…”

Plus longuement, la Maire de Rennes, Nathalie Appéré a tenté de faire sienne les revendications des gilets jaunes. “Dès le début du mouvement il y a quinze jours maintenant, j’appelais le Gouvernement à entendre le sentiment d’injustice dont témoigne ce mouvement ; à comprendre la colère sincère, le désarroi légitime exprimé”, a-t-elle déclaré dans un communiqué lu durant le conseil municipal de Rennes. “Notre pays a besoin en urgence d’une stratégie de sortie de crise, sous peine de s’enfoncer un peu plus dans l’impasse et de voir s’installer durablement la violence.”

Face au malaise réel, Nathalie Appéré appelle de ses voeux des “tables-rondes décentralisées, sous l’égide des Préfets”, sur le pouvoir d’achat des ménages, la transition écologique mais aussi le fonctionnement démocratique de nos institutions. “D’ici là, un moratoire sur l’augmentation de la taxe carbone constituerait une première mesure indispensable d’apaisement.  Nous ne réussirons pas la transition énergétique sans justice sociale. Nous ne combattrons pas le changement climatique sans donner à chacun les moyens de sortir de la dépendance aux énergies fossiles, pour son logement et ses déplacements.”

                                        Contre légitimation de la politique locale !

Mais peut-être aurait-il fallu n’en dire pas plus ! “L’écologie sera juste ou ne sera pas”, a-t-elle précisé. “Ce sont ces principes qui nous ont guidés très concrètement quand nous avons fait le choix, avec la métropole, d’une tarification solidaire, en fonction des revenus, pour les abonnements aux transports publics. Les nouveaux tarifs ont permis à 1 habitant sur 3 de bénéficier d’une réduction, allant de la gratuité totale à un abattement de 50% à 85%. Ce sont ces principes qui nous conduisent à viser la rénovation énergétique de 6000 logements rénovés par an, à l’échelle de la métropole, grâce à un doublement de notre enveloppe budgétaire, de 30 à 60 millions d’euros.” Un argumentaire technocratique qui a semblé bien dérisoire face au malaise des gilets jaunes…

Petit rappel : Le conseil municipal a une compétence générale de droit commun pour régler par ses délibérations les affaires de la commune, aux termes de l’article L. 2121-29 du code général des collectivités locales. 

 

 

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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