Devant le lycée Bréquigny, ce mardi matin 29 septembre, les lycéens étaient nombreux. Dès les premières heures de la journée, les accès de leur l’établissement (comme à Jean Macé) ont été bloqués avec les traditionnelles poubelles, mais aussi des engins de chantier et des panneaux de signalisation. Une manière bien visible de rejoindre un mouvement qui, depuis plusieurs jours, gagne les établissements scolaires à travers la France.
Dans le centre-ville de Rennes, même ambiance devant le lycée Émile-Zola où les entrées étaient filtrées. Une assemblée générale s’est improvisée devant les grilles de l’établissement. Là, un cône de signalisation avait été planté au bout d’une pique, comme un trophée de circonstance. Sur une banderole, le message était plus politique. « On coupe les budgets, on ferme les accès. » Les lycéens mobilisés devaient ensuite rejoindre la manifestation organisée ce mardi 29 septembre pour la défense des services publics, sur l’esplanade Charles-de-Gaulle.
Un mouvement désormais national
La mobilisation rennaise s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus large. Selon Le Monde, 180 établissements ont été perturbés lundi 28 septembre à travers le pays. Le mouvement, d’abord concentré en Île-de-France, s’est étendu notamment à Marseille, Lille, dans la région lyonnaise, le Var et les Alpes-Maritimes. L’Union syndicale lycéenne (USL) avait appelé à généraliser les blocages ce mardi, en parallèle de la journée de mobilisation dans la fonction publique.
Les revendications sont multiples. L’USL pointe notamment le manque de professeurs et de personnels, l’état de certains établissements, les classes et emplois du temps surchargés ou encore la pression liée à Parcoursup. D’après Le Monde, le mouvement a commencé le 21 septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil, où plusieurs postes d’enseignants n’étaient pas pourvus. Mais la mobilisation est aussi marquée par des incidents. Le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez a fait état de 164 interpellations lundi et évoqué des « violences urbaines ».
Selon les chiffres communiqués par le ministère de l’intérieur et rapportés par Le Monde, une douzaine de lycéens, huit membres de l’Éducation nationale et douze membres des forces de l’ordre ont été blessés. Le gouvernement a par ailleurs accusé La France insoumise d’instrumentaliser la mobilisation, tandis que Jean-Luc Mélenchon a dénoncé la réponse policière.
À Lille, des établissements fermés ou bloqués
À Lille, la situation était particulièrement tendue ce mardi matin. Selon France 3 Hauts-de-France, plus de 300 jeunes se sont retrouvés vers 8 heures devant le lycée Montebello. Après des tirs de mortiers, la direction a décidé de fermer l’établissement et de suspendre les cours. Le lycée Pasteur était également bloqué.
Toujours selon France 3, des feux de poubelles ont été allumés devant le lycée Baggio, entraînant l’intervention des forces de l’ordre et l’utilisation de gaz lacrymogènes. Des jets de projectiles ont également été signalés. La veille, huit lycéens avaient été interpellés et placés en garde à vue dans le Nord, notamment pour des faits présumés de violences, d’outrages ou de participation à un attroupement en vue de commettre des violences.


