Sur le site de la Prévalaye, le projet du MEM2, dont l’ouverture est prévue pour octobre 2025 (voir notre précédent article), continue de susciter de vifs débats à Rennes. Lors du dernier conseil municipal, les élus de la majorité ont défendu ce programme culturel, tandis que l’opposition a manifesté de fortes réserves. Henri-Noël Ruiz, membre du groupe Révéler Rennes, fut l’un des premiers à s’exprimer sur le sujet. « Le projet que vous nous réclamez d’avaliser ce soir […] est fortement critiqué. Il a fait l’objet de demandes répétées d’une véritable concertation, qui ont été traitées à la légère », a-t-il affirmé. «Il engendre frustration et colère chez les riverains et les associations, notamment en raison de la gestion du bruit et des impacts environnementaux. »
Tout aussi vertement, Henri-Noël Ruiz pourfend le déclassement du parking de Sainte-Foix, nécessaire pour l’implantation du MEM2 et de sa guinguette. « La disparition de 180 places (officiellement) et certainement bien davantage, lors des rencontres de football organisés au Roazhon Park, pose un problème majeur », a souligné Henri-Noël Ruiz. « Ce stade accueille en moyenne plus de 25 000 spectateurs à chaque match, dont la moitié au moins vient de l’extérieur de Rennes et ne peut utiliser que la voiture individuelle. C’est dire l’enjeu de la diminution de ces capacités de stationnement… Nous ne comprenons donc pas ce choix de maintenir le MEM dans cet environnement (…). Autant la guinguette a du sens ici, autant celle du Magic Mirror est discutable. D’où notre question : avez-vous étudié d’autres sites d’implantation avec moins d’enjeux durables et sociaux ? »
Charles Compagnon, autre membre de l’opposition, s’est lui aussi montré critique. « Le droit de dormir est un droit essentiel », a-t-il rappelé. « Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas des milliers qu’ils ne doivent pas être entendus. Les habitants de Sainte-Foix ont bien compris qu’ils seront sacrifiés sur l’autel des petits coups de pouce entre amis. » Face à ces critiques, les élus de la majorité n’ont pas tardé à réagir. Benoît Careil, adjoint à la culture, a défendu le sérieux de la démarche. « Tout a été très transparent. Toutes les études d’impact ont été effectuées et validées. Le nouveau Magic Mirror est un exemplaire unique au monde, conçu pour réduire de 20 dB les émergences sonores. Nous avons veillé à trouver des compromis entre des intérêts parfois contradictoires. Porteur du projet, le centre de production des paroles contemporaines (CPPC) a accepté de jouer le jeu, en arrêtant les concerts à 22 heures. C’est un partenaire responsable qui n’a aucune désir d’être confronté à des plaintes après avoir injecté plusieurs millions d’euros. Ailleurs, beaucoup nous envient de voir des acteurs locaux investir dans une salle de cette envergure. »
Durant les 25 matchs du SRFC, le sujet est effectivement délicat, mais le reste de l’année, il n’y a pas de problème. Nous travaillons avec le MEM pour encourager les transports en commun et le covoiturage. » BENOIT CAREIL.
Adjoint au maire, Marc Hervé, a réaffirmé la volonté du MEM à trouver la meilleure solution. « Encore une fois, nous sommes loin des coups de pouce entre amis. Depuis le début, nous avons été très clairs sur l’ensemble des actes qui ont conduit à la réalisation de ce projet MEM2. Le permis de construire a fait l’objet d’une enquête publique à laquelle tout le monde a pu participer. Aujourd’hui, tout est mis sur la table pour que chacun puisse comprendre les relations contractuelles entre la ville et le CPPC. Mais pour l’instant, nous avons beaucoup de questions de la part de Charles Compagnon sans savoir exactement ce qu’il propose en matière d’équipements culturels. » L’opposition s’est finalement abstenue lors du vote, laissant entrevoir que le débat autour du MEM2 est loin d’être clos.


