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mercredi 29 avril 2026
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LES PLUS BELLES ÉGLISES DE BRETAGNE

Comme chacun sait, la Bretagne est une terre pieuse. Elle est parsemée de belles églises, à l’intérieur desquelles des artistes ont voué leurs talents aux saints bretons et autres bondieuseries. Visite dans les plus beaux édifices religieux bretons.

Abbaye de bon repos. Au bord du canal de Nantes à Brest, les ruines romantiques de l’abbaye cistercienne sont situées dans un environnement remarquable, à proximité de la forêt de Quénécan. Fondée en 1184 par Alain III de Rohan et Constance de Bretagne, Bon Repos eut ses heures de gloire et de prospérité, durant de nombreux siècles. À la Révolution, elle fut toutefois vendue comme bien national et tomba peu à peu dans les oubliettes de l’histoire. Le site fut même transformé en une carrière de pierres.

En 1986, l’endroit rejaillit de ses cendres grâce à l’association des compagnons de l’abbaye de Bon-Repos. Ses membres travaillent d’arrache-pied et retapent la moindre pierre. Vingt-cinq ans plus tard, leur abbaye est devenue une halte privilégiée, un rendez-vous incontournable, une halte éminemment réparatrice, culturelle et historique. Chaque année, l’abbaye de Bon-repos accueille plusieurs milliers de visiteurs qui apprécient la restauration des bâtiments, les nombreuses animations, les grandes expositions d’art contemporain et bien sûr le patrimoine. Un endroit aujourd’hui très couru. L’abbaye de Bon-Repos, 22570 Saint-Gelven. Tél. 02 96 24 82 20 ‎

Chapelle Saint-They. La pointe du Van surplombe la baie des Trépassés et des petites criques inaccessibles. Plutôt épargné ces dernières années par le flot des touristes, l’endroit fait aujourd’hui l’objet d’une protection environnementale dans le cadre de l’opération Grand Site de France. Sur cette pointe, une petite chapelle, classée aux Monuments historiques depuis 1914, est érigée à quelques mètres à peine du précipice. Elle fut édifiée par les maçons du coin au XVIIe siècle, entourée par un enclos muré et ornée d’un calvaire monumental de 1772.

Depuis sa construction, l’édifice est couru par les amateurs de cheveux au vent et de romantiques pensées. Il est malheureusement trop rarement ouvert au public. On se contentera d’admirer de l’extérieur son rikiki clocher et sa façade ouest, tournée vers la mer et décorée par deux statues. Fait à noter, la chapelle Saint-They a servi de lieu de tournage pour une partie du film Qui a envie d’être aimé, réalisé par Anne Giafferi. Elle est également le lieu d’un pardon le 1er dimanche de juillet. Selon la légende, la cloche de la chapelle Saint-They sonnait d’elle-même pour avertir les barques en danger de se mettre sous la protection du saint. Chapelle Saint-They. La pointe du Van, 29770 Cléden Cap-Sizun

La chapelle Saint-Gonery. Plougrescant est au centre d’une presqu’île entourée d’un nombre incalculable de récifs. Sur une petite route qui mène à la mer, escale obligée à la chapelle Saint-Gonery. D’origine romane, agrandie au XVe siècle, elle est surmontée d’une flèche de plomb singulièrement penchée qui contraste avec sa nef au style gothique flamboyant.

Le sanctuaire abrite depuis le Ve siècle le sarcophage du saint éponyme. Originaire de Grande-Bretagne, il quitta son pays devant les invasions anglo-saxonnes puis s’exila en Bretagne armoricaine. À Plougrescant, il retrouva bien vite sa mère sainte Eliboubane, qui habitait seule sur l’île Loaven (petite île située à l’embouchure du Jaudy).

De cette histoire est né un pardon. Chaque 4e dimanche de juillet, une châsse renfermant le crâne du saint part en procession pour présenter ses respects à Sainte Eliboubane. À cette occasion, un homme, parmi les plus courageux, escaladait jadis le clocher afin de lier des rubans multicolores à la queue du coq de la flèche. L’exploit était toujours gratifié d’une tasse « pleine de vin ».

Saint Gonéry soulage les fièvres et les angoisses. Sa chapelle et son enclos présentent des richesses classées et d’une grande tenue : la chaire à prêcher, les peintures de style roman sur la voûte et le mausolée de Guillaume du Halgouët (évêque de Tréguier mort en 1602). La chapelle Saint-Gonery22820 Plougrescant. 

La chapelle de Penvins. La Bretagne est une terre d’église et de clochers, d’enclos paroissiaux et de sanctuaires. À Sarzeau, station balnéaire du golfe du Morbihan, la chapelle de Penvins est érigée au bout de la pointe la Grée Penvins où elle est battue par les vents, les embruns et les misères de la mer.

Rongé par l’iode et l’usure du temps, l’édifice a besoin d’un entretien constant tous les quatre du mois. À la fin du XIXe siècle, il fut d’ailleurs reconstruit grâce aux dons de la famille d’Olivier de Langlais qui possède depuis un vitrail avec ses armoiries gravées en remerciement.

Durant la dernière guerre mondiale, la chapelle échappa de peu à la destruction par les Allemands. Heureusement, l’abbé Buquen — un saint homme — veillait au grain. Il fit tout pour sauver la maison de Dieu qui servait bien souvent d’amer aux navigateurs perdus dans la baie.

Penvins présente une forme octogonale assez inhabituelle dans notre pays d’écume. De nombreuses légendes enflamment les esprits et expliquent sa présence. L’une d’elles vaut un laïus. La chapelle aurait été édifiée à l’endroit où la Vierge et saint Démétrius auraient mis en déroute les Anglais. Tous les ans, à l’Assomption (15 août), une messe est célébrée en la chapelle où la foule est encore jugée très nombreuse. Chapelle de Penvins. 56 370 Sarzeau.

Kergrist-Moëlou. Non loin de Guingamp et de Rostronen, Kergrist-Moëlou (village du Christ) est un composé séduisant de tout ce qu’on aime en Bretagne. Au beau milieu de son village, une belle église, édifiée au début du XVIe siècle et au XIXe siècle, attire incontestablement l’œil. Elle est de style gothique flamboyant breton et témoigne de la prospérité du pays depuis le XVIe siècle.

L’ensemble religieux est vraiment saisissant. Il étonne tout simplement par la beauté pure et simple de son délicat ossuaire, de son majestueux porche et de la tour de 40 mètres à balustrades. On est ici dans la Bretagne intérieure qui jalonne ses pensées de gargouilles effrayantes, de vitraux joliment colorés et de belles statues.

Dans les Côtes-d’Armor, son calvaire est réputé le plus important. Construit en 1578, classé aux monuments historiques en 1921, il est grandement inspiré de celui de Plougonven et comprenait une centaine de personnages en granit de Kersanton. Détruit en 1793 par la furie des révolutionnaires, il fut en partie restauré au XIXe siècle. On y voit toujours une admirable scène : la Mise au tombeau, où le Christ est posé sur un linceul à longs plis. Église de Kergrist-Moëlou. 22110 Kergrist-Moëlou.

Lanloup. À quelques kilomètres de Plouha, Lanloup est un petit village qui n’attire pas les cohortes de touristes. Tant mieux… Bien loin des stations costarmoricaines chics, la petite commune est connue pour son église, son cimetière et son calvaire qui forment un bel écrin religieux et romantique à souhait.

Bâti au XVe siècle, l’édifice religieux est remarquable et choyé par toute une population. Son porche à dentelle de pierre a été construit en 1550 en lieu et place de la chapelle Saint-Gilles. Il abrite les statues des douze apôtres en granit dans des niches à dais qui sont là figées depuis l’éternité des temps.

Malgré des restaurations ici où là, notamment au XIXe siècle, l’église garde son cachet et son ossature d’antan. Ses bâtisseurs en seraient les Seigneurs de la Noë Verte et de Kerjollis. Les deux familles possèdent en effet leur chapelle privée dans le chœur où se dressent leurs bancs à accoudoirs et se voient leurs armoiries.

À quelques kilomètres de là, le Manoir de la Noé-Verte vaut le détour. Édifice du XVe siècle, il accueille les mariages et réceptions dans des salles meublées d’époque où les fêtes durent jusqu’au bout de la nuit bretonne. Église de Lanloup. 22580 Lanloup. 

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L’église des Iffs. Les Iffs est un petit village de schiste et de granit, perdu au milieu de la campagne de Haute-Bretagne et d’Ille-et-Vilaine. Les automobilistes le découvrent au bout d’une petite route sinueuse qui serpente entre les longères, les maisonnées et les corps de ferme. Une fois là-bas, il est impossible de rater l’église de style gothique flamboyant et en forme de croix de Lorraine. Classée aux Monuments historiques le 26 décembre 1905, elle trône majestueusement au milieu d’une petite placette, à deux pas du petit café d’antan et de la mairie.

À l’intérieur, la visite est incontournable. La pénombre donne incontestablement du cachet à l’édifice où l’on déniche de beaux vitraux du XVIe siècle, un bénitier octogonal, des statues en pierre et en bois de saints hommes.

Construite aux XIV et XVe siècle, l’église abrite les plus et grands beaux mariages de la région. Les futurs mariés apprécient son intimité, son charme discret et ses vieux murs. En sortant, petit détour par le château de Montmuran où les grandes familles rennaises et d’ailleurs trouvent le meilleur cadre pour leurs noces. L’église des Iffs. Cœur de bourg. 35630 Les Iffs.

Le village de Landévennec est un site pittoresque encerclé d’eau et de bois au pied des escarpements éponymes. À son extrémité, on déniche une croix de pierre et les restes de l’abbaye qui fut fondée au Ve siècle par un saint breton du nom de Guénolé (ou Gwénolé).

Tant à sa création qu’à son apogée, l’abbaye rayonnait intellectuellement et spirituellement sur toute la Bretagne. Détruite sous la Révolution, elle cache quelques vestiges peu nombreux. Il reste seulement un portail roman, des colonnes, des murs ici ou là et les deux chapelles non loin de l’abside.

Au milieu de ses vestiges, le tombeau du roi d’Ys et de Quimper, Gradlon, est érigé depuis le VIe siècle dans l’abbaye. Il n’est aujourd’hui plus qu’un trou béant avec des larmes de peintures murales. Mais sa présence marque ô combien le monarque était attaché aux moines.

En fin de visite, petit détour obligé dans le Musée, inspiré dans le jardin aux plantes médicinales et conseillé dans le magnifique parc qui s’avance jusqu’à la pointe de Penforn. Dans les ruines de l’abbaye, des artistes bien souvent celtiques se produisent de la mi-juillet à la mi-août. L’entrée est toujours libre. Abbaye de Landévennec. 29560 Landévennec.

Église de Saint-Malo-de-Phily. Bonté divine ! Peu de touristes poussent la porte de l’église de Saint-Malo de Phily, dans le sud du département d’Ille-et-Vilaine. Pourtant, au fond du chœur, se cache le triptyque d’un grand peintre et ami de Gauguin : Émile Bernard (1868-1941). Artiste représentatif de l’école de Pont-Aven, il est né le 28 avril 1868 et mort à Paris le 16 avril 1941, à Paris. Il fut également poète sous la plume de Jean Dorsal.

En 1888, Emile Bernard se lie d’amitié avec Gauguin, avant de se brouiller avec lui. Menant une belle carrière artistique, il rencontre des confrères de sa génération (Paul Cézanne). En 1933, l’abbé Duparc, prêtre de Paris, convainc Emile Bernard, l’un de ses paroissiens, de décorer le chœur de l’église de Saint-Malo-de-Phily.

Durant l’été, le peintre, aidé d’un jeune critique d’art grec Alex Basileos, entreprend de reproduire la Translation des reliques de Saint-Malo de Saintes à Guipry vers 710. Les fresques de l’abside évoquent trois épisodes de cette histoire.  Elles sont inscrites au titre des Monuments historiques depuis 1977, ainsi que l’église en 2015, construite par l’architecte rennais Henri Mellet, assisté de Charles Couesnon.

Sur la façade de l’église Saint-Jean l’évangéliste, un artiste local Geoffroy Dauvergne (1922-1977), ancien pensionnaire de la Casa Vélasquez, a peint une magnifique fresque murale en 1963. Atteignant plus de 6 m de haut (à certains endroits) pour une largeur de 21,55 mètres, elle représente une scène biblique où dans le chapitre supérieur, l’on croise Dieu le Père, puis les Saintes Femmes, Saint-Jean-l’Évangéliste avec son aigle. À gauche, l’on aperçoit saint Pierre et les flammes de l’Enfer. À droite, l’on devine les sacrements (Le Baptême, L’Eucharistie, La Confirmation, La Pénitence et la Réconciliation, L’Extrême-onction, L’Ordination et Le Mariage). Petite anecdote : le peintre s’est dessiné lui-même en marié et a représenté les membres de sa famille. L’œuvre murale a été restaurée en 2014.

Devenue connue pour sa fresque, l’église mesure 40 mètres de long. Elle a été bénie le 27 décembre 1964 l’archevêque de Rennes, Paul-Joseph-Marie Gouyon (1910-2000) et imaginée par monsieur Blin, architecte à Saint-Servan-sur-Mer. Dans son style dépouillé et simple, elle ressemble aux tentes du désert où jadis les prophètes prêchaient la bonne parole. Dans le chœur, la statue en bois de Saint-Jean-l’Évangéliste est l’œuvre du sculpteur Jean Fréour (1919-2010). À part, le clocher représente la forme d’un mât gréé de trois voiles. Il abrite trois cloches : la première (350 kg) porte le nom de Thérèse, Théophile, Marguerite, Marie ; la seconde (250 kg), celui de Marie, Claire, Servane, et la troisième (170 kg) celui d’Anne, Yvonne, Thérèse. Église Saint-Jean l’évangéliste, 1 Rue du Chili, 35400 Saint-Malo. Pour s’y rendre : arrêt Bois Herveau, ligne 4. Voir à côté : Les Jardins de la Madeleine sont un bol d’oxygène.

Église Sainte-Thérèse. À Rennes, l’office de tourisme ne propose jamais de faire un détour par l’église Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus — elle est jugée trop loin des circuits touristiques habituels (sauf depuis cet été). Mais quel dommage, car cet endroit est un petit bijou. Bien que son clocher ait été victime d’un récent incendie, il ne faut pas manquer l’intérieur du bâtiment, riche de peintures, de mosaïques et de petits trésors cachés.

Érigée dans le quartier jadis appelé le Haut-Quineleu, entre la rue de Chatillon et la rue de Riaval, l’église fut construite sur un terrain reculé entre 1933 et juin 1936, date de sa consécration. De style Art déco et dédiée à sainte Thérèse de Lisieux, elle est l’œuvre de l’architecte Hyacinthe Perrin. À la même époque, l’ancien curé de l’église, l’abbé Mouëzy y chargea le peintre rennais Louis Garin de réaliser les grandes et belles fresques retraçant la vie de la sainte. Outre les verrières du maître-verrier Rault et les autels en pierre blanche de Brunet, l’église fait plus de 38 mètres de long sur 28 mètres de large et son dôme culmine à 33 mètres. Des mosaïques Odorico complètent les ornements de l’édifice avec élégance et font de cet endroit un lieu d’exception. Église Sainte-Thérèse, 18 rue Sully-Prudhomme, 35000 Rennes, tel. 02 99 50 72 46. Accès Bus 12, arrêt Sainte-Thérèse. Horaires d’ouverture variables selon les événements religieux. 

Chapelle Sainte-Barbe. Cette chapelle médiévale est remarquable pour ses gargouilles sculptées et son campanile abritant une cloche censée éloigner la foudre. L’intérieur est orné de magnifiques vitraux et de la statue de Sainte-Barbe. Construite à la suite d’un orage fulgurant au XVe siècle, on y prie Sainte-Barbe pour se protéger de la foudre et du feu. L’intérieur de la chapelle présente une belle voûte en pierre. À l’extérieur, les gargouilles sculptées sur les contreforts valent le coup d’œil. Autour de la chapelle, un campanile abrite une cloche qui, selon la croyance, éloignerait la foudre. Pour compléter la visite de cet ancien édifice en toute beauté, vous pouvez emprunter le grand escalier menant à un ossuaire, ainsi qu’à l’oratoire Saint-Michel. Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët. 

Cathédrale Saint-Corentin. Cette cathédrale gothique possède deux flèches emblématiques. Elle est l’un des exemples les plus impressionnants de l’architecture religieuse bretonne. A l’intérieur, de magnifiques vitraux et des œuvres d’art religieuses en font un édifice chargé de symboles. Depuis des restaurations, le style gothique flamboyant breton s’y révèle dans toute sa richesse. Il met en valeur l’originalité de son splendide portail en pierres de deux couleurs et deux textures, le leucogranite et le kersanton. On y franchira les portes pour les couleurs chatoyantes de ses différentes chapelles et les cérémonies fastueuses comme le pardon de saint Corentin. Cathédrale de Quimper, centre-ville, 29 000 Quimper. 

Infos + : dans cette liste, nous avons oublié Saint-Michel-de-Brasparts, la cathédrale de Saint-Malo, la chapelle Notre-Dame de la Clarté (Perros-Guirec), la chapelle de Saint-Cado…

jean-christophe collet
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Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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