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mardi 3 novembre 2026
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Manifestation : le dispositif exceptionnel de la préfecture pour le 5 novembre

Après plusieurs semaines de manifestations émaillées de violences, de dégradations et de blocages de lycées, la préfète Emmanuelle Dubée a signé une série d’arrêtés pour encadrer la journée du jeudi 5 novembre 2026. Interdiction de manifester dans le centre-ville, surveillance aérienne, restrictions des rassemblements nocturnes et contrôle des produits inflammables : elle entend prévenir de nouveaux débordements.

Le jeudi 5 novembre s’annonce sous haute surveillance à Rennes. Dans plusieurs arrêtés administratifs publiés le 2 novembre, la préfète Emmanuelle Dubée a détaillé un important dispositif de sécurité. Toute manifestation est interdite dans un vaste périmètre du centre-ville, notamment autour des principaux axes et places de l’hypercentre. La zone concernée est délimitée par les rues suivantes : rue Legraverend, rue de l’Hôtel-Dieu, rue Lesage, boulevard de Sévigné, boulevard de la Duchesse-Anne, rue de Châteaudun, pont de Châteaudun, avenue Sergent-Maginot, quai de Richemont, avenue Jean-Janvier, boulevard de la Liberté, place de Bretagne, pont de la Mission, quai Saint-Cast et boulevard de Chézy. Les rues et voies mentionnées sont incluses dans le périmètre d’interdiction.

Cette décision intervient alors que plusieurs organisations syndicales ont déposé une déclaration de manifestation pour le 5 novembre à 13 h, avec un départ prévu place de Bretagne et une arrivée place de Bretagne. Le cortège devait emprunter notamment les rues de la Monnaie, de Toulouse, de l’Horloge et de la République, ainsi que les quais. Pour la préfecture, les événements des 17, 24 et 31 octobre font craindre de nouveaux affrontements. « L’organisation d’une manifestation en violation de l’arrêté est passible de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. Les participants s’exposent, quant à eux, à une contravention de quatrième classe », ajoute la préfecture.

Autre mesure particulièrement significative : l’interdiction des rassemblements nocturnes dans trois secteurs de Rennes.Du jeudi 5 novembre à 20 h au vendredi 6 novembre à 5 h, les manifestations, attroupements et rassemblements de personnes sont interdits dans le périmètre du centre-ville précédemment décrit, mais également dans deux secteurs supplémentaires : le quartier du Colombier et celui d’Alma, autour du centre commercial.  La préfecture a toutefois prévu des exceptions pour les consommateurs présents sur les terrasses extérieures autorisées, les personnes faisant la queue pour accéder aux établissements commerciaux, culturels, sportifs ou de restauration, ainsi que les personnes se rendant aux débits de boissons.

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Un autre arrêté autorise la direction interdépartementale de la police nationale à capter, enregistrer et transmettre des images à l’aide de caméras installées sur des aéronefs. L’autorisation concerne la période du mardi 3 novembre au lundi 9 novembre, de 6 h à 23 h 59. Deux caméras aéroportées pourront être utilisées simultanément, dans des secteurs définis par l’arrêté, notamment sur les grands axes de circulation et leurs abords. L’objectif affiché est de permettre aux forces de l’ordre de disposer d’une vision d’ensemble, de détecter d’éventuels mouvements de groupes et de prévenir les troubles à l’ordre public. La préfecture justifie là-encore ce recours par les violences observées ces dernières semaines et les difficultés rencontrées lors des interventions policières.

Les autorités ont aussi décidé de renforcer les restrictions concernant les artifices et les produits inflammables. Jusqu’au lundi 9 novembre à 20 h, l’achat, la vente et la cession de plusieurs catégories de feux d’artifice sont interdits aux particuliers dans l’ensemble du département. Leur utilisation sans motif légitime ou hors utilisation professionnelle est également prohibée. Cette mesure concerne notamment les batteries pyrotechniques, chandelles romaines, pétards et fusées des catégories F2 et F3. En parallèle, l’acquisition de produits chimiques ou inflammables dans certains commerces est soumise à la présentation d’une pièce d’identité. Les vendeurs doivent enregistrer les éléments permettant d’identifier les acheteurs. Ces dispositions visent notamment les carburants, solvants et autres substances susceptibles d’être utilisés pour provoquer des incendies.

Un autre arrêté, applicable du mardi 3 novembre à 6 h au lundi 9 novembre à 23 h 59, interdit dans toutes les communes d’Ille-et-Vilaine le port et le transport sans motif légitime de certains objets susceptibles de servir d’armes ou de projectiles. Sont notamment concernés les artifices pyrotechniques, les substances inflammables, les récipients de peinture destinés à être projetés, les équipements de dissimulation du visage destinés à empêcher l’identification et les équipements de protection destinés à faire échec au maintien de l’ordre. Le transport de matériel de chantier dans l’intention manifeste d’en faire un usage détourné est également visé.

Pour justifier cet arsenal de mesures, la préfecture revient longuement sur les troubles survenus depuis le 29 septembre. Elle évoque les violences du 17 octobre, lorsque des commerces avaient été dégradés et pillés, celles du 24 octobre, marquées par de nouveaux affrontements, ainsi que la manifestation du 31 octobre, au cours de laquelle près de 10 000 personnes avaient déambulé dans les rues rennaises. Elle rappelle également les incidents du 2 novembre devant plusieurs lycées, avec des barricades enflammées, trois véhicules brûlés près du lycée Coëtlogon et cinq autres dégradés.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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