Nouvelle journée de tensions devant les lycées rennais, ce lundi 2 novembre (voir notre précédent article). Des poubelles en feu, des véhicules incendiés, des dégradations et dix interpellations ont marqué cette reprise des mobilisations. Face aux risques de nouveaux débordements, la préfète d’Ille-et-Vilaine a décidé d’interdire le rassemblement annoncé mardi 3 novembre sur l’esplanade Charles-de-Gaulle.
La matinée a une nouvelle fois été agitée aux abords de plusieurs établissements scolaires rennais. Selon le bilan communiqué par la préfecture, trois voitures ont été incendiées et cinq autres dégradées. Des feux importants ont également été allumés sur la voie publique, à proximité immédiate des lycées. « La journée du 2 novembre a de nouveau donné lieu à des troubles graves devant plusieurs lycées rennais », déplore la représentante de l’État, qui pointe des comportements mettant en danger les élèves, les passants et les bâtiments.
Au lycée Coëtlogon, les incidents ont notamment conduit à l’interpellation de trois individus soupçonnés d’avoir dégradé les abords de l’établissement ainsi que trois véhicules stationnés sur le parking situé devant le lycée. Au total, dix personnes ont été interpellées à Rennes au cours de la journée, en marge des mouvements de blocage. Les établissements Jean-Jaurès, Bréquigny et Émile-Zola ont également été touchés, comme nous l’annoncions dans un précédent papier. Des barricades ont été dressées et des poubelles incendiées devant leurs entrées. Les sapeurs-pompiers ont dû intervenir en fin de matinée pour éteindre les foyers, sous la protection des CRS et des gendarmes mobiles. Au lycée Saint-Martin, une tentative de blocage a été déjouée tôt dans la matinée grâce à l’intervention de membres de l’équipe pédagogique et des policiers. Ces derniers ont ensuite filtré les entrées.
Face à cette nouvelle série d’incidents, la préfète met en garde contre les risques d’accident. « Outre d’être des délits, ces comportements sont particulièrement dangereux », insiste-t-elle. « Il convient de faire preuve d’une grande prudence en présence de ces incendies de poubelles qui contiennent fréquemment des produits inflammables et des bonbonnes aérosols qui peuvent exploser ». Au-delà des dégradations matérielles, ces incendies font ainsi peser une menace directe sur les personnes présentes à proximité.
La tension pourrait se prolonger dès mardi 3 novembre, avec une nouvelle journée de blocages annoncée dans plusieurs établissements, avant la grève générale prévue jeudi 5 novembre. Sur les réseaux sociaux, des appels à manifester circulent également pour mardi sur l’esplanade Charles-de-Gaulle. Mais la préfecture a décidé de prendre les devants en interdisant ce rassemblement. « Cette mobilisation n’a pas été déclarée en préfecture et n’a donc pas pu être préparée avec des organisateurs responsables », explique la représentante de l’État. « Compte tenu des débordements de nouveau constatés le 2 novembre, les conditions ne sont pas réunies pour qu’elle puisse se tenir en sécurité. Elle est donc interdite par arrêté préfectoral. » Pour rappel, il est interdit de transporter, sans motif légitime, des produits dangereux, notamment des liquides inflammables et des articles d’artifice.


