Au lendemain des violences urbaines qui ont secoué le centre-ville de Rennes, la tension restait palpable ce dimanche 18 octobre 2026. Malgré l’interdiction préfectorale de manifester dans le centre historique, entre 200 et 300 personnes se sont rassemblées place Sainte-Anne dans l’après-midi. Les gendarmes mobiles sont intervenus pour disperser le rassemblement, sans incident majeur signalé. D’autres groupes, décrits comme hostiles par la préfecture, ont été repérés dans plusieurs quartiers de la capitale bretonne.
Après les scènes de pillages, les vitrines fracassées et les affrontements de la veille, Rennes redoutait une nouvelle journée de violences. Ce dimanche 18 octobre, un appel au rassemblement avait circulé sur les réseaux sociaux, invitant les manifestants à se retrouver à 15 h, place Sainte-Anne. Entre 200 et 300 personnes ont répondu à cet appel, malgré l’arrêté préfectoral interdisant toute manifestation dans le centre historique, au nord de la Vilaine.
Peu avant 16 h, les gendarmes mobiles ont progressé en ligne pour faire évacuer les manifestants vers la rue de Saint-Malo. Contrairement aux scènes observées samedi, les participants ont progressivement quitté les lieux, sans affrontement signalé à ce moment-là. Mais la vigilance des autorités ne s’est pas limitée à la place Sainte-Anne. En fin d’après-midi, plusieurs autres groupes « hostiles et mobiles », composés d’individus habillés en noir et, pour certains, masqués, ont été dispersés à proximité du centre commercial Alma, dans le quartier du Colombier, puis aux abords de la place de la République.
Cette nouvelle journée de mobilisation intervient au lendemain des graves violences qui ont frappé Rennes, samedi 17 octobre. En marge d’une manifestation ayant réuni 12 000 personnes selon la préfecture, plusieurs groupes avaient multiplié les dégradations, les incendies et les pillages dans le centre-ville. Les Galeries Lafayette, plusieurs enseignes commerciales et des commerces indépendants avaient notamment été pris pour cible. Au total, 53 personnes avaient été interpellées au cours de cette journée particulièrement mouvementée.
Ce dimanche matin, Emmanuelle Dubée, préfète de la région Bretagne et d’Ille-et-Vilaine, s’est rendue à la rencontre des commerçants victimes des destructions. Elle était accompagnée de Laurence Lairet, directrice interdépartementale de la Police nationale, de Frédéric Teillet, procureur de la République de Rennes, et de représentants de la Chambre de commerce et d’industrie d’Ille-et-Vilaine.
La représentante de l’État s’est notamment déplacée aux Galeries Lafayette, auprès d’un buraliste accompagné du président départemental de la profession, ainsi qu’au centre commercial Colombia. Elle a exprimé son soutien aux professionnels touchés par les dégradations et salué l’engagement des policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers mobilisés tout au long de la journée de samedi et pendant une partie de la nuit.
De son côté, Nathalie Appéré s’est rendue dans le centre-ville. «Avec mes collègues, nous sommes allés à la rencontre des Rennaises et des Rennais toute cette journée et particulièrement des commerçantes et des commerçants du centre-ville, très impactés. Des dizaines de locaux ont été la cible de pillages et de saccages méthodiques. (…) Depuis hier, nous sommes en échange constant, et à pied d’œuvre, pour leur apporter, à notre échelle, tout le soutien dont nous sommes capables. Par leurs activités quotidiennes, dans un contexte national que nous savons économiquement et socialement morose, les commerçants participent pleinement au dynamisme et à la vitalité de notre ville. Nous continuerons à les accompagner.»


