14.8 C
Rennes
samedi 17 octobre 2026
AccueilActualitésSous le soleil, la manifestation avait des airs de fête avant les...

Sous le soleil, la manifestation avait des airs de fête avant les violences urbaines

Ils arrivaient de partout. Du nord et du sud de Rennes, des quartiers populaires, du centre-ville et sans doute des quatre coins de la Bretagne. Ce samedi 17 octobre, sous un généreux soleil d’automne, une foule nombreuse convergeait vers la place de la République. Des lycéens, des étudiants, des Gilets jaunes, des jeunes des quartiers, des militants et des manifestants plus âgés : toutes les générations semblaient s’être donné rendez-vous. Combien étaient-ils ? Difficile à dire, mais sans doute plusieurs milliers. Dans les premiers instants du cortège, l’ambiance était bon enfant, presque festive. Bien loin des scènes de violences urbaines qui ont également marqué cette journée rennaise (voir notre autre article).

Depuis la place de la République, les manifestants prenaient la direction de l’esplanade Charles-de-Gaulle, via la place de Bretagne et le boulevard de la Tour-d’Auvergne. Dans cette foule intergénérationnelle, les revendications étaient aussi nombreuses que les pancartes. Les uns réclamaient de meilleures conditions d’études, les autres dénonçaient les violences policières. « Nés pour briller, pas pour être négligés », proclamait une jeune manifestante, derrière son morceau de carton coloré. Plus loin, une pancarte établissait un parallèle particulièrement provocateur : « 1961 Papon = 2026 Nuñez ». Une référence directe à Maurice Papon, préfet de police de Paris lors de la sanglante répression du 17 octobre 1961, et à Laurent Nuñez. Le rapprochement, historiquement et politiquement lourd de sens, était accompagné de mots accusateurs : « Effrayer, mutiler, bâillonner » et « permis de tuer ». 

Dans le cortège, la colère n’empêchait pourtant pas l’humour. Les slogans les plus graves côtoyaient des messages franchement décalés. « Attention, ça va gazer ! », annonçait une pancarte illustrée de personnages de dessins animés,. Une autre proposait carrément de « remplacer la police par des galettes-saucisses ». Ailleurs, de grandes caricatures peintes sur des cartons représentaient des personnages aux traits volontairement grossis, sous des drapeaux bretons. Mais convenons-le, les critiques contre les interventions policières revenaient régulièrement, tantôt avec gravité, tantôt avec une bonne dose de dérision.

Sous les arbres déjà jaunis par l’automne, la manifestation offrait alors un visage relativement paisible. On avançait entre amis, parfois en famille, au milieu des conversations, des chants et des sourires.Ce défilé avait quelque chose d’une grande assemblée populaire, où les générations et les revendications se mêlaient sans difficulté apparente. Mais ce tableau a contrasté singulièrement avec les barricades enflammées, les dégradations, les affrontements avec les forces de l’ordre et les interpellations signalés ailleurs dans Rennes depuis ce matin. En ce samedi d’octobre, la capitale bretonne aura montré deux visages bien différents de la contestation : celui d’une foule venue manifester pacifiquement et celui des violences urbaines. 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

// Dernières nouvelles publiées

Journée de grève sous tension, le Carrefour City de l’Alma saccagé et plusieurs interpellations

Ce samedi 17 octobre 2026, Rennes connaît une nouvelle journée de fortes tensions, sur fond de grève, de gilets jaunes et de mobilisation sociale....
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser