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mardi 29 septembre 2026
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Rats à Maurepas : la majorité ronge son frein!

À Rennes, les rats sont revenus à plusieurs reprises dans les débats du conseil municipal, ce lundi 28 septembre. Dans le quartier de Maurepas, notamment autour du square Pierre-Merlat et de l’école Trégain, des élus de deux groupes d’opposition ont décrit une situation préoccupante. Face à eux, la majorité assure prendre le problème « vraiment à bras-le-corps » et mise sur plusieurs actions simultanées pour faire reculer les rongeurs.

Le premier à monter au créneau est Antoine Cressard (Vivre Rennes), lors de la présentation du projet de reconstruction du groupe scolaire Trégain. L’élu rappelle les difficultés rencontrées depuis plusieurs années dans cette école vieillissante. Il évoque la « présence de vermine dans les couloirs, les sanitaires et les classes, l’absence d’isolation difficile à supporter en hiver comme en été. Tout cela a eu des conséquences négatives sur le quotidien des élèves et des personnels. » À ses yeux, la reconstruction à 18,6 millions d’euros ne suffira pas.  « Tous ces efforts ne serviront à rien si l’école continue à être infestée par des rats. » 

Un peu plus tard, Didier Benoist (Vivre Rennes) remet le sujet sur la table à l’occasion du bilan financier de la ZAC Maurepas-Gayeulles. « Dans notre ville, la situation est très critique. Près de l’école maternelle Guyenne, rue du Bourbonnais, j’ai assisté à un triste spectacle : les rats prennent les voitures pour terrain de jeu. » Quelques jours auparavant, l’élu s’était aussi rendu square Pierre-Merlat à l’invitation d’un collectif d’habitants. « Ce que nous avons vu est révoltant : des dizaines de rats, une centaine de terriers sur quelques mètres, des cadavres sur l’espace public… sans parler de l’odeur pestilentielle. »

Didier Benoist rapporte aussi le témoignage d’un locataire d’Archipel Habitat dont la voiture aurait subi plus de 1 000 euros de dégâts. « À qui doit-il envoyer la facture ? » Pour lutter contre les rongeurs, l’élu avance trois mesures. « Il faut enterrer systématiquement les conteneurs équipés d’une ouverture à pédale ». Il faut lancer avec les bailleurs sociaux « une campagne d’information et de prévention » contre les dépôts sauvages et créer « des navettes de ramassage des détritus, déclenchées directement par les signalements des habitants ». « Le rat d’égout a son utilité écologique, le rat de surface est une nuisance ! » lance-t-il.

À gauche aussi, le ton est sévère. Lucien Guénin-Queyrard, élu du groupe Insoumis, Écologiste et Citoyen, s’est rendu sur place avec des riverains. « Dès 8 h du matin lors de la visite que j’ai pu effectuer, les rats morts jonchent le sol, par dizaines circulent sur la voie publique et à proximité des habitations. Nous en avons vu une cinquantaine en l’espace de deux heures de visite avec les habitantes et habitants. » Puis vient le témoignage le plus saisissant. « Certains entrent dans les logements, vont dans les chambres des enfants, vont dans les voitures, mangent les câbles, et dissuadent les habitants de se garer devant chez eux. Certains ont peur et ne veulent pas sortir de leurs logements. »

Pour l’élu insoumis, l’affaire dépasse même la seule question de la dératisation. Lucien Guénin-Queyrard réclame lui aussi davantage de moyens pour l’entretien de l’espace public, l’enfouissement à terme des conteneurs et « une mobilisation importante du bailleur social ». Il demande au passage le retrait des voitures endommagées par les rongeurs et laissées à l’abandon sur le parking de la résidence. « Il est temps d’agir, les habitantes et habitants de Maurepas ont le droit à la salubrité publique et à un cadre de vie digne. »

Face aux deux oppositions, Lucile Koch, adjointe de la majorité, tente de désamorcer les critiques. « C’est un sujet que nous prenons vraiment à bras-le-corps et qui est pour nous très important. » Il y a quelques jours, l’élue a même rencontré les membres du collectif « Rat-le-bol » à Maurepas. À ses yeux, la prolifération est « multifactorielle ». La réponse ne peut donc « pas seulement être les boîtes à rats dans lesquelles il y a du raticide. Les déchets abandonnés sur la voie publique et la propreté font également partie de l’équation.» 

Piquée au vif, Lucile Koch défend les mesures engagées. Au square Pierre-Merlat, elle a remplacé les conteneurs à ordures par des modèles étanches pour couper l’accès des rats à la nourriture. Ceux-ci doivent aussi être déplacés sur des places de stationnement afin d’empêcher les rongeurs de passer par-dessous. Avec Archipel Habitat, un travail est également prévu sur les espaces verts et les galeries où vivent les rats, ainsi qu’un diagnostic des réseaux. « Les agents continueront à surveiller les boîtes, la consommation des raticides et la nécessité éventuelle de renforcer le dispositif. On espère, avec toutes ces mesures, de vraiment réduire la présence des rats au cours des prochaines semaines et avoir des résultats assez rapides », assure Lucile Koch. Majorité et oppositions se retrouvent donc au moins sur un constat : le problème existe bel et bien à Maurepas. Reste désormais à savoir si les mesures engagées permettront de faire disparaître des rues, des parkings et des abords des logements ces encombrants voisins.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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