Le détenu Adel B., âgé de 26 ans, est l’un des hommes soupçonnés d’être impliqués dans la guerre des territoires et des stupéfiants. Il aurait notamment participé à la fusillade du Banat, dans le quartier du Blosne, dans la nuit du 9 au 10 mars 2024. Il est poursuivi pour tentative de meurtre en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs ainsi que pour trafic de drogue.
Cette nuit-là, deux groupes, l’un venu de Paris et l’autre de Rennes, se livrent à une bataille rangée dans le quartier du Blosne. Pendant près d’une heure, les coups de feu se succèdent au pied des immeubles. Parmi les auteurs présumés, Adel B. aurait tiré à six reprises en direction des « Rennais ». Lui-même est touché au biceps, tandis qu’un autre individu est blessé au thorax. Tous deux sont transportés à l’hôpital.
Interrogé, Adel B. affirme ne rien savoir de la fusillade et s’oppose vertement à la saisie de son téléphone. Pourtant, tout est contre lui ! Quelques jours auparavant, des témoins l’ont aperçu dans le Blosne, cagoulé, avec un couteau et deux portables sur lui. Lors de l’enquête, là encore, rien ne va… Les enquêteurs découvrent un système de géolocalisation sous sa voiture, qui aurait été installé par le camp adverse, des armes à feu, son ADN sur un étui de calibre et plusieurs centaines de sachets d’héroïne.
Le 7 juin 2024, l’homme, déjà condamné à six reprises entre 2019 et 2023, notamment pour détention de stupéfiants et délits routiers, est placé en détention provisoire. Depuis, ses déclarations n’ont pas changé. Il se dit étranger au dossier, affirme ne pas avoir de souvenirs des faits et refuse de revenir sur ses blessures. En prison, son comportement est également pointé du doigt. Un téléphone portable est retrouvé en sa possession et il aurait insulté à plusieurs reprises des membres du personnel pénitentiaire. En avril 2026, plusieurs éléments laissent également penser qu’il aurait cherché à s’évader. Il aurait par ailleurs menacé sa compagne en juin 2026. « Faut que tu apprennes à fermer ta gueule », lui aurait-il dit.
Aujourd’hui, devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes, Adel B. souhaite retrouver son foyer familial à Sevran, en région parisienne. Son père semble toutefois opposé à son retour, tout en proposant de l’aider dans sa recherche d’emploi. Pour l’avocat général, Bernard Simier, le suspect « s’est toujours présenté comme une victime alors que certains éléments font apparaître qu’il a participé à la fusillade ». Le magistrat évoque également « des risques de concertation entre ses coauteurs », ainsi qu’un risque de renouvellement des faits. « Adel B. n’a pas choisi le chemin de la vérité », estime-t-il, avant de revenir sur « son comportement en détention, surtout à l’égard du personnel pénitentiaire ».
Pour l’avocat général, pas de doute. « Il n’y a pas d’éléments sur un projet de sortie. Je demande le maintien du mis en examen en détention provisoire dans l’attente de son jugement. » Face à lui, en visioconférence ce jeudi 10 septembre depuis son lieu de détention, Adel B. se montre particulièrement agité. Il parle avec les mains et interrompt à plusieurs reprises les magistrats. « On aime bien dire que je suis violent, mais sur les quatre établissements où j’ai séjourné, il n’y en a que deux où je l’ai été. Vous ne savez pas ce que les détenus vivent. » La décision sera rendue demain matin, à 10 heures. « De toute façon, je la connais déjà, la réponse », lâche Adel B. avant la fin de l’audience.


