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jeudi 10 septembre 2026
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Accusé d’avoir violé sa fille : « dès que je bois, j’ai le côté séducteur italien… »

L’individu de 56 ans est accusé d’avoir violé sa propre fille, âgée de 22 ans, après une soirée passée avec elle pour tenter de renouer des liens. En détention provisoire depuis février 2025, il comparaissait ce jeudi 10 septembre devant la chambre de l’instruction de Rennes pour demander sa remise en liberté.

Le 19 février 2025, l’homme se rend chez sa fille. Père et fille se connaissent peu et cette soirée doit justement leur permettre de reprendre contact. Mais au fil des heures, la situation bascule dans le sordide. Le quinquagénaire fait des avances à la jeune femme. Vers 23 heures, alors qu’elle se trouve dans son lit, il entre même dans sa chambre. Il est alcoolisé, sous l’emprise de cannabis et nu. Il aurait alors violé sa fille.

Malgré l’horreur de la situation, la jeune femme a le réflexe d’enregistrer une partie de la scène avec son téléphone. On l’y entend demander à 28 reprises à son père d’arrêter. Fort heureusement, elle réussira finalement à le repousser d’un coup de pied et à s’échapper du logement, juste avant que les gendarmes de Pontivy n’interviennent peu après pour mettre fin au calvaire.

Après les faits, l’expertise médicale révèle plusieurs ecchymoses au niveau des avant-bras de la victime ainsi que des traces biologiques contenant l’ADN du quinquagénaire. La jeune femme présente également un état de stress aigu et une importante dissociation. Au cours des faits, l’homme aurait notamment déclaré à sa fille. « J’avais besoin de te violer mais je ne voulais pas non plus. »

Mis en examen pour viol aggravé, notamment en raison de la circonstance d’ascendant et de l’état d’ivresse, l’homme est placé en détention provisoire le 21 février 2025. Mais en dépit de son incarcération, sa position n’évolue guère. Il ne reconnaît toujours pas l’ensemble des faits et en minimise même la portée.  « C’est un petit viol. » Jusqu’alors, le quinquagénaire avait pourtant peu fréquenté les tribunaux, son casier judiciaire ne comportant qu’une seule condamnation, remontant à 1998, pour conduite sous l’emprise d’un état alcoolique.

Pour autant, l’alcool occupe une place centrale dans le dossier.  Selon sa psychologue, sa consommation le désinhibe complètement et aurait contribué à son passage à l’acte. Ses proches dressent, en revanche, le portrait d’un homme « serviable, impulsif et séducteur ». Un dernier trait de caractère qui interpelle au regard de certains éléments évoqués à l’audience : il aurait notamment fait des propositions sexuelles à des amies de ses filles.

Depuis son incarcération, le quinquagénaire, qui travaillait comme aide-soignant dans un EHPAD, semble toutefois avoir changé de comportement. Aucun incident n’a été relevé en détention. Depuis le début de l’année 2026, il travaille comme cuisinier, suit des soins et verse également de l’argent aux parties civiles. Autant d’éléments sur lesquels s’appuie son avocat, Maître Cossonnet, pour demander sa remise en liberté. « C’est la première fois que vous le voyez », rappelle-t-il aux magistrats. « En détention, il a su respecter le cadre, il s’est investi dans les soins. »

De l’autre côté de la barre, l’avocat général Bernard Simier ne partage pas cette lecture du dossier. Il s’oppose fermement à toute remise en liberté. « On ne peut que s’inquiéter du risque évident de réitération des faits. Cet individu a violé sa propre fille alors qu’elle lui a demandé 28 fois d’arrêter. » Pour le représentant du ministère public, l’alcool ne saurait non plus davantage expliquer, à lui seul, son geste. « Son passage à l’acte n’est pas un problème uniquement lié à l’alcool. Preuve en est, le mis en examen était à un taux de 0,5 mg/L d’air expiré, ce qui n’est pas particulièrement élevé. » Bernard Simier réclame donc « la confirmation de l’ordonnance ayant rejeté la demande de mise en liberté » et le maintien du quinquagénaire en détention provisoire dans l’attente de son jugement.

Face à la chambre de l’instruction, le quinquagénaire exprime désormais ses regrets. « J’aime ma fille. Je m’en veux énormément. Je ne peux rien réparer. J’ai fait quelque chose d’immonde, je suis honteux et  je ne me sens pas bien. » Depuis son incarcération, il explique travailler sur son addiction à l’alcool. « Je suis membre du groupe des Alcooliques anonymes. » Et d’ajouter : « dès que je bois,, j’ai le côté italien séducteur qui ressort, mais ce n’est pas pour autant que je suis un violeur. »

Devant les magistrats, le père de famille assure avoir pris conscience de la gravité de ses actes. « J’ai perdu la route une fois. Mais il est hors de question que je retouche à l’alcool parce que je me suis rendu compte que j’avais fait le pire. » Avant de conclure : « J’ai fait du mal à tout le monde, j’en suis meurtri. Dans le fond, je ne suis pas un mauvais homme et je n’ai pas envie de rendre plus malheureux mon enfant. » La décision concernant sa demande de remise en liberté sera rendue vendredi matin à 10 heures.

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