La fête de fin d’année de l’école Colombier, à Rennes, a viré au cauchemar, ce vendredi 19 juin. Selon le SNUDI-FO 35, une altercation entre plusieurs mères de famille a dégénéré au point de provoquer des violences ayant touché plusieurs membres du personnel de l’établissement. Cinq agents de l’école, enseignants et ATSEM, ont été victimes de coups. Trois d’entre eux sont actuellement en arrêt de travail.
L’incident s’est déroulé alors que l’école célébrait sa fête de fin d’année, en présence de familles, des élèves et des équipes éducatives. Pour une raison qui n’a pas encore été précisée, une dispute entre parents aurait éclaté avant de dégénérer en bagarre. Des personnels ont alors tenté de s’interposer pour mettre fin aux violences (notamment selon nos informations perpétrées avec des bancs scolaires!).
« Des coups ont été pris par plusieurs personnels de l’école, enseignants comme ATSEM », explique Michel Bézard, secrétaire départemental du SNUDI-FO 35. « À l’origine, c’était une bagarre entre des parents d’élèves. Les personnels qui ont voulu s’interposer ont été victimes de coups. Certains les ont reçus de manière involontaire, mais il y a également eu des coups volontaires à l’encontre d’un des personnels actuellement en arrêt. »
Selon le représentant syndical, cinq membres du personnel ont été touchés. Trois sont aujourd’hui en arrêt de travail : deux professeurs des écoles et une ATSEM. Les autres sont profondément marqués par les événements. « Tous les personnels, qu’ils soient de l’école maternelle ou élémentaire, sont sous le choc après ces faits très graves », ajoute Michel Bézard.
Face à la situation, des plaintes ont été déposées par plusieurs victimes. L’Éducation nationale a également pris des mesures dès le début de semaine. Une présence policière a notamment été mise en place aux abords de l’établissement. « La situation est suivie avec sérieux par les services de l’Éducation nationale », indique le responsable syndical.
Le SNUDI-FO condamne fermement les violences survenues. «Nous condamnons ces agissements entre familles et nous apportons tout notre soutien aux personnels», insiste Michel Bézard. Le syndicat a sollicité une audience auprès du directeur académique afin d’évoquer les conséquences de cette affaire et de préparer la prochaine rentrée « dans les meilleures conditions possibles..
Cette agression intervient dans un contexte particulièrement tendu dans les écoles rennaises. Lundi 22 juin, des parents délégués représentant 34 écoles publiques ont adressé un courrier à la Ville de Rennes pour dénoncer des conditions devenues, selon eux, « insoutenables » en raison de la canicule. Ils regrettent au passage l’absence de dispositifs de rafraîchissement suffisants et critiquent une gestion défaillante de la crise climatique dans les établissements scolaires.
Sans établir de lien direct entre les deux situations, Michel Bézard observe toutefois que les fortes chaleurs peuvent accentuer certaines tensions. « La surchauffe liée au climat rejaillit. Il y a de nombreux faits divers qui remontent actuellement dans les écoles. La chaleur exacerbe les tensions. Parfois, il suffit d’une étincelle et des motifs qui paraissent futiles dégénèrent rapidement. » Pour les équipes de l’école Colombier et le syndicat, l’heure est désormais à l’accompagnement des personnels touchés et au retour progressif au calme, après un épisode que beaucoup décrivent comme profondément traumatisant. Rennes, ce 23 juin, 20 h.


