Le 4 juin, le tribunal administratif de Rennes a rejeté la protestation déposée par Gaël Lefeuvre, maire sortant de Thorigné-Fouillard, qui contestait les résultats du premier tour des élections municipales du 15 mars 2026. Dans un jugement rendu le 4 juin, les magistrats ont écarté un à un les griefs invoqués, en confirmant l’élection de Benoît Claudon, élu dès le premier tour avec seulement 68 voix d’avance.
Lors de ce scrutin, la liste menée par Benoît Claudon avait obtenu 2 088 voix (50,83 %) contre 2 020 voix (49,17 %) pour celle de Gaël Lefeuvre. Cette victoire, pour le moins serrée, avait conduit l’ancien édile à saisir la justice administrative, dénonçant des irrégularités de vote, un manque de scrutateurs et la diffusion supposée de fausses informations pendant la campagne.
Deux bulletins irréguliers, mais sans effet sur le résultat
Le premier grief concernait un léger écart entre émargements et enveloppes dans deux bureaux de vote. Dans ce dossier, les juges ont relevé un bulletin supplémentaire dans chacun des bureaux n°4 et n°7 et ont retranché, à titre hypothétique, ces deux voix de la liste arrivée en tête. Au regard de l’écart entre les listes, le tribunal estime que ces irrégularités n’ont eu « aucune conséquence » sur la répartition des élus.
Gaël Lefeuvre soutenait également que le nombre de scrutateurs présents dans un bureau de vote n’était pas conforme aux règles. Là encore, le tribunal ne le suit pas. Le procès-verbal comporte bien « la mention et la signature de quatre scrutateurs », conformément au code électoral, estime le juge.
Même constat concernant une supposée erreur de comptage au bureau n°8. Malgré une rature sur le procès-verbal, les juges considèrent que les chiffres restent parfaitement lisibles et cohérents. « Aucun doute n’existe quant au nombre » de bulletins blancs et au total des suffrages exprimés, écrivent-ils en substance.
Le tract de campagne au cœur du recours
L’essentiel de la contestation portait toutefois sur la campagne électorale. L’ancien maire reprochait à la liste adverse un tract diffusé le mardi précédant l’élection, contenant selon lui des données erronées sur certains projets municipaux et des éléments nouveaux de polémique auxquels il n’aurait pas pu répondre avant le scrutin.
Sur ce point, le tribunal adopte une lecture nuancée. Les magistrats reconnaissent l’existence de plusieurs erreurs, notamment sur le coût du complexe sportif des « Trois Raquettes » et sur la date de certains emprunts de la commune. Mais ils relèvent surtout que ces erreurs avaient été signalées à Benoît Claudon le 10 mars et « immédiatement corrigées » sur le site internet et les réseaux sociaux de sa liste.
Certes, les tracts papier ont continué à circuler sans correctif jusqu’à la fin de la campagne. Mais pour les juges, ces inexactitudes n’ont pas été de nature à influencer le vote. «Elles ne dépassent pas le cadre de la polémique électorale » et elles n’ont pu avoir « une incidence sur l’issue du scrutin ». Autrement dit, aucune manœuvre frauduleuse n’est retenue.
Le site “Boislouet” écarté faute de preuves
Autre élément soulevé par le recours : le rôle supposé du site internet « Boislouet », administré par un ancien conseiller municipal, accusé d’avoir alimenté la campagne adverse par des publications défavorables à la majorité sortante. Là encore, le tribunal rejette des accusations non étayées. Gaël Lefeuvre « n’apporte aucune pièce » permettant de démontrer la date de publication des contenus ni leur influence réelle sur la campagne électorale. En conséquence, aucune atteinte à la sincérité du scrutin n’est retenue. Au terme de cette procédure, la justice administrative valide donc définitivement le scrutin municipal de Thorigné-Fouillard. Cerise amère pour le maire sortant : il est condamné à verser 1 000 euros à Benoît Claudon au titre des frais de justice.


