Les basses ont remplacé les slogans traditionnels de nos syndicalistes. Ce samedi après-midi, 6 juin, près de 2 000 personnes (beaucoup de jeunes) ont défilé dans les rues de Rennes. Elles dénoncaient la « loi Riposte », un texte perçu par le milieu des free-parties comme une nouvelle offensive contre les rassemblements techno non autorisés. Derrière plusieurs sound systems installés sur des camions, le cortège, festif mais revendicatif, a traversé le centre-ville au rythme d’une musique assourdissante, entre pancartes artisanales et slogans anti-répression.
Photos Enocq.
Place de la République, devenue point névralgique de la mobilisation, les messages affichés résumaient la colère du mouvement. « Free party is not a crime », pouvait-on lire sur plusieurs pancartes brandies dans la foule. Plus loin, un manifestant assis, drapé d’un drapeau palestinien, affichait un message devenu l’un des slogans du jour : « Mieux vaut le bruit des basses que le bruit des bottes ». D’autres dénonçaient frontalement le durcissement annoncé : « Stop répression », « Laissez-nous danser » ou encore « Tekno toujours, lacrymo jamais ».
Sur les toits d’abribus ou derrière les murs d’enceintes, les manifestants transformaient le centre rennais en free-party itinérante. Derrière l’ambiance festive, la loi dite « Riposte » cristallise les tensions dans le milieu techno alternatif. Les teufeurs redoutent un renforcement des sanctions visant les rassemblements non déclarés, avec notamment des amendes plus lourdes, davantage de saisies de matériel et un durcissement des poursuites contre les organisateurs. « On veut juste pouvoir faire de la musique et danser sans être traités comme des délinquants », glissait une participante au milieu du cortège.
Certains dénonçaient un « climat de répression », d’autres défendaient une culture musicale et communautaire née en marge des circuits commerciaux. Une pancarte résumait à elle seule l’état d’esprit du jour : « Danser n’est pas un crime ». Le cortège s’est étiré plusieurs heures dans les rues du centre-ville, porté par les basses des sound systems et une foule compacte oscillant entre manifestation politique et fête de rue. Sans incidents majeurs visibles en milieu d’après-midi, les participants promettaient déjà de poursuivre la mobilisation si le texte venait à être adopté. Mais vers 17 h, un important dispositif policier était déployé (voir ci-dessous).




