Un mineur de 16 ans, originaire d’Angers, aurait été séquestré et gravement violenté entre le 24 et le 25 mai à Nantes, dans un contexte de rivalités sur fond de trafic de stupéfiants, selon le procureur de la République de Rennes, Frédéric Teillet. Blessé par balle au mollet, l’adolescent a été retrouvé dans le quartier de la rue Samuel-de-Champlain, un secteur identifié par les autorités comme un point de deal. Deux hommes ont été interpellés cette semaine et une information judiciaire doit être ouverte.
Les faits remontent à la nuit du 24 au 25 mai. Le 25 mai, vers 1 h 50 du matin, un adolescent de 16 ans originaire d’Angers, alors en fugue, est découvert blessé par balle rue Samuel-de-Champlain à Nantes. Le lieu est connu des services de police comme un point de trafic de stupéfiants surveillé de longue date. « Selon les premiers actes d’investigation, il apparaît qu’il a été séquestré sous la menace d’une arme, depuis la veille dans la soirée, dans un contexte de rivalités sur fond de trafic de stupéfiants », explique le procureur.
L’adolescent aurait ainsi été retenu plusieurs heures contre sa volonté avant d’être retrouvé blessé.
Pendant cette captivité, Frédéric Teillet évoque des faits d’une particulière gravité. Le jeune homme « a été soumis durant sa captivité à de multiples actes dégradants, dénudé et frappé. » À ce stade, les circonstances précises des violences restent encore à établir par les enquêteurs. Face à la gravité des faits et à leur possible lien avec la criminalité organisée, le parquet de Nantes s’est dessaisi du dossier au profit de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes le 2 juin. L’enquête a été confiée au Service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ) de Nantes, chargé de poursuivre les investigations.
Deux suspects ont depuis été identifiés. Le premier a été interpellé mercredi 3 juin à 15 h 25 dans un bois à Nantes par les policiers de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI). Le second, déjà détenu dans une maison d’arrêt pour une autre procédure, a été extrait jeudi afin d’être placé lui aussi en garde à vue. Les deux hommes font l’objet d’une garde à vue dérogatoire pouvant durer jusqu’à 96 heures, un régime utilisé dans les affaires de criminalité organisée.
Âgés de 19 à 22 ans, les deux mis en cause sont de nationalité française, l’un disposant également de la nationalité algérienne. Selon le parquet, ils ont déjà été condamnés par la justice, mais jamais pour des faits liés au trafic de stupéfiants. L’un d’eux avait toutefois été poursuivi pour des infractions relatives à la détention et au transport d’armes, avec une interdiction judiciaire de porter ou détenir une arme pendant dix ans.
« Une ouverture d’information judiciaire est envisagée » samedi 6 juin, précise encore le procureur Frédéric Teillet. Les deux hommes pourraient être présentés à un juge d’instruction dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des faits présumés d’association de malfaiteurs, séquestration avec actes de torture ou de barbarie en bande organisée, tentative d’extorsion aggravée, violences volontaires avec arme et infractions liées à la détention d’armes. À ce stade de la procédure, les faits demeurent présumés et les investigations se poursuivent afin de déterminer précisément le rôle de chacun et les circonstances exactes de cette affaire.


