Depuis mercredi, six enfants de moins de 10 ans et 25 mineurs non accompagnés dorment à Beauregard, dans un campement de fortune. Les riverains sont sidérés, les associations sont impuissantes.
« Mercredi dernier, j’ai vu une tente. J’ai trouvé ça étrange. Et puis le lendemain, il y avait carrément un campement ». Dans le quartier de Beauregard, Anne est sans voix. « Je suis allée à leur rencontre. J’ai parlé avec des gamins, dans le froid. Hier, le vent faisait même s’envoler des tentes », ajoute-t-elle.
Sur les réseaux sociaux, l’association Utopia 56 Rennes explique : « Depuis fin octobre 2025, face à l’inaction de la préfecture et du Département (…) la société civile s’est mobilisée. Pas moins de 30 lieux culturels, sportifs, sociaux ou religieux ont ouvert leurs portes à 350 personnes le temps de l’hiver. (…) Mais ces victoires restent précaires et malgré ces avancées, des familles avec des enfants se retrouvent contraintes de s’installer en campement, dehors, sous des tentes. »
En attendant qu’une solution soit trouvée, l’association exhorte les pouvoirs publics à « prendre leurs dispositions pour les personnes n’ayant pas d’autre choix que de s’installer en campement ».
Pas d’eau, pas de sanitaires
Dans le quartier, les riverains sont sidérés. « Personne ne devrait vivre comme ça. Et il est inhumain de le cautionner », raconte-t-on sur place. « Il n’y a ni point d’eau, ni poubelles, ni sanitaires. Ils sont là depuis quelques jours seulement et déjà contraints de vivre dans la crasse ».
En journée, le camp est vide et aucune association d’aide ne semble présente sur place. « C’est le soir que les familles viennent, pour dormir sous des bâches », précise Anne.
La police nationale et la police municipale ont été aperçues à plusieurs reprises sur le secteur.



