Lors de la séance du conseil municipal du 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le VIH, Didier Le Bougeant, élu de la majorité socialiste, a pris la parole non sans émotion. Son intervention, ponctuée de silences chargés de sens, a rappelé combien cette lutte reste profondément ancrée dans les vies des Français et des Rennais. « Nous avons enterré les nôtres, accompagné les survivants, inventé de nouvelles formes de solidarité, exigé que la science avance, transformé la douleur en action et l’action en droit », explique Didier Le Bougeant, les trémolos dans la voix.
Contre le VIH, la bataille a toujours eu des visages. « Ce combat n’a jamais été abstrait », dit Didier Le Bougeant, membre de la communauté LGBT. « Il a été porté par des corps, par des familles, par des vies. » Mais heureusement, les progrès scientifiques et médicaux ont été nombreux, immenses. « Grâce au traitement, la charge virale d’une personne séropositive est indétectable et le virus est intransmissible. »
Au passage, l’élu rennais a souligné la protection offerte par la PrEP, l’accès facilité aux tests, et les nouvelles connaissances thérapeutiques. « Nous savons comment prévenir les infections, comment accompagner, comment soigner. » Pour lui, un pas décisif est devant nous. « Scientifiquement, nous n’avons jamais été aussi proches d’un monde sans sida. »
Cependant, le conseiller met en garde contre un recul possible. « Ces progrès ne suffiront pas si les financements disparaissent, si les politiques publiques se replient, si les associations qui sont au premier rang de la lutte voient leur budget s’effondrer. » Plus qu’un autre, il craint le manque de volonté et d’ambition. « Le désengagement international dans l’Amérique de Trump, mais aussi en France, met en péril des millions de vies dans le monde et menace de faire régresser des victoires que nous avons cru acquises. »
Pour Didier Le Bougeant, le VIH reste un miroir social. « Quand les droits sociaux s’effritent, quand l’accès aux soins se complique, quand l’isolement progresse, alors le virus avance. Cette épidémie est aussi celle de la précarité et de vulnérabilité. Le 1er décembre est et doit rester un moment de mémoire dédié aux plus de millions de morts, mais aussi un moment de vigilance. » Pour lui, l’objectif est clair. « Finir l’épidémie de VIH SIDA est possible à condition de ne renoncer ni à la solidarité, ni à la science, ni à l’identité humaine, et en donnant des moyens à tous ces combattants. »



