Jacques de Toledo, volleyeur breton, vient de disparaître jeudi dernier, curieusement deux jours avant la célébration du centenaire de son parrain, Eugène Malapert, le président fondateur du REC. D’emblée, on serait tenté d’y voir un ultime clin d’œil envoyé à celui qui l’a accompagné durant une partie de sa carrière…
Une carrière qui a commencé au REC avec brio au plus haut niveau entre 1970 et 1975, qui s’est poursuivie à Paris au Stade français, Racing Club de France et à Asnières. Durant ces années en or, Jacques intégra l’équipe de France avec plus de 100 sélections. Il remplaça même Alain Fabiani, blessé, à la passe au championnat du monde 1978 en Italie. Le nom de De Toledo résonnait alors sur tous les terrains et plages de France.
Dans la deuxième partie de son activité, Eugène Malapert réussit à le faire revenir à Rennes en 1986. En tant qu’entraîneur-joueur, il fut le catalyseur qui fit remonter le club rennais au plus haut niveau aux côtés de Veljko Basic notamment. De l’avis général, Jacques de Toledo avait un talent hors norme. Ses mains de magicien sentaient avec précision quel attaquant il fallait servir en priorité pour gagner le point face à l’équipe adverse. Aimant le jeu, il excellait en stratégie, en leurre.
Mais encore plus que ses qualités de volleyeurs, Jacques possédait une personnalité truculente, joyeuse, chaleureuse, il était un bout en train qui maniait souvent la plaisanterie et la dérision. Il n’avait pas de limites, n’hésitant pas à faire don de soi lorsque la nécessité le demandait. À l’arrivée de l’international rwandais Alexandre Lyambabaje et de sa famille, le REC n’avait pas les moyens de l’héberger. C’est là que Jacques, en grand seigneur, proposa gracieusement sa maison au Rwandais et que lui dormirait avec son chien dans sa camionnette !
Les volleyeurs et amis qui l’ont connu ressentent un grand vide. Nos plus sincères condoléances à sa fille Morgane, sa compagne Karine, à Patricia Lamouret, à ses proches. « Jacques n’était pas seulement un ancien joueur international ou un entraîneur », explique le club de la capitale bretonne. « Il était une figure emblématique qui, avec les siens, a contribué à forger l’identité unique du REC Volley. Nous nous souvenons de l’homme, aimé et redouté, cette “forte tête” dont les qualités sportives étaient à la hauteur de sa passion. Jacques était des nôtres ! ».



