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mardi 5 mai 2026
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Saint-Jacques-de-la-Lande : détention maintenue pour le Russe accusé de profanations de tombes

Le dossier a suscité une vive émotion. Ce 5 mai 2026, devant le tribunal correctionnel, un ressortissant russe de 29 ans doit être jugé pour des dégradations de sépultures commises les 20 et 23 avril à Saint-Jacques-de-la-Lande. Mais l’audience débute dans une atmosphère pour le moins surprenante. À l’appel de l’affaire, ni le prévenu ni son avocat ne sont présents. Dans la salle, seules les victimes et leurs conseils attendent, dans une tension palpable. Après quelques minutes, l’audience est suspendue. Dix minutes plus tard, elle reprend… toujours sans le principal intéressé. 

Le temps s’étire encore, rythmé par d’autres dossiers, dont une affaire de violences conjugales survenue à Bais, lors d’une partie de pêche, au bord d’un étang. Après une deuxième affaire, une victime des dégradations finit par exprimer son exaspération.  « Hier, nous sommes déjà venus une première fois. Nous avons attendu une heure trente pour revenir aujourd’hui. » Finalement, peu avant 16 heures, le prévenu, Makhmed, fait son entrée, escorté par les forces de l’ordre. Barbe hirsute, sweat gris, regard perdu, il écoute la présidente, Louis Miel, détailler les faits qui lui sont reprochés, à Saint-Jacques-de-la-Lande mais aussi dans d’autres communes.

À la surprise générale, le prévenu demande à être jugé immédiatement, dans le cadre de cette comparution immédiate. Une position en contradiction avec celle de son avocate commise d’office au dernier moment par l’ordre des avocats, Me Marine Gravis. « Je vous avais dit que je demanderais le renvoi », lui rappelle-t-elle. Après ce coup de théâtre, le procureur de la République, Frédéric Teillet, justifie la rapidité de la procédure. «Au regard du trouble à l’ordre public, le parquet a tenu à agir rapidement. » Mais il nuance aussitôt. « Ceci étant, la procédure ne peut pas se faire au détriment de la défense. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. » Dans l’attente d’une nouvelle expertise psychiatrique, l’affaire est finalement renvoyée au 8 juillet à 15 heures.

l avait été retrouvé torse nu par les gendarmes quinze jours avant les faits

Reste alors la question cruciale du maintien en détention. Face à un prévenu manquant de défaillir, sous le traitement médicamenteux, la présidente dresse un portrait préoccupant : schizophrénie à tendance paranoïde, idées suicidaires, grande précarité. Au passage, elle évoque sa vie dans la rue. Elle évoque son casier judiciaire (huit condamnations). « Condamné le 28 novembre 2025, il venait de sortir le 11 avril dernier», précise la magistrate

Pour le ministère public, la justice n’a pas le choix. « Il faut le maintenir en détention pour garantir sa représentation devant la justice et éviter tout renouvellement des faits. Personne ne comprendrait une réitération s’il sortait de prison », insiste le procureur Frédéric Teillet, tout en pointant le manque de structures adaptées pour ce type de profil. De l’autre côté de la barre, Me Marine Gravis plaide une autre approche, rappelant la détresse psychique de son client et sa colère dirigée contre Jésus-Christ.« S’il existe, il n’a pas été clément avec lui. Le placer en prison, c’est la solution de facilité. Ce n’est pas sa place. Aujourd’hui, il prend ses médicaments. » Malgré ces arguments, le tribunal décide de maintenir le prévenu en détention jusqu’à son procès en juillet. 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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