Le saviez-vous ? Rennes et ses alentours regorgent d’histoires terrifiantes. Sorciers, loups-garous, monstres géants… Pendant des années les habitants de la capitale bretonnes ont craint les légendes locales. Petit tour d’horizon en ce jour d’Halloween.
L’abbé sorcier de Fougères
On raconte qu’un certain abbé s’adonna jadis à la magie noire pour dénicher la pierre philosophale. Repéré, jugé et traîné devant la foule, il fut condamné au bûcher sur la place des Lices. Sa fin tragique n’éteint pas la rumeur : certains disent qu’à la nuit tombée, des cerises insolites apparaissent encore là où ses pas auraient mené la poudre et le feu. Un goût d’outre-tombe souffle sur les pierres.
À Rennes, le zombie de La Paillette
Au XIXᵉ siècle, un ouvrier revient d’entre les morts et erre jusqu’à sa rue natale, semant frayeur et étonnement. On l’appelle « Père La Paillette » : il vivra étrangement quarante années de plus, alternant absence et présence, comme si la lune lui imposait lois et retours. Les voisins chuchotent qu’il suffit d’une nuit claire pour sentir sa marche lente, ce pas qui ne s’oublie pas.
Le crapaud géant de la Vilaine
Plus ancien que la ville elle-même, le monstre amphibiens hanta les méandres de la Vilaine : trois fois plus grand qu’une vache, il répandait un venin fulgurant. Le roi fit dresser une croix pour chasser la bête ; le calvaire demeure, l’ombre du crapaud aussi. Les jardiniers du bord de rivière jurent encore apercevoir des rides étranges, comme la mémoire humide d’un ancien vertige.
Le serpent terrassé de Saint-Georges
Autrefois, un long serpent ravageait la contrée en allant s’abreuver à la Vilaine. Un chevalier l’abattit, et sur sa victoire s’érigea plus tard une abbaye — le Palais Saint-Georges. Les Rennais, depuis, parlent du combat comme d’un mythe fondateur : quand le vent balaie la colline, on croit entendre la clameur d’un combat ancien, écho d’un dragon vaincu réinscrit dans la pierre sacrée.
Le loup-garou de Saint-Étienne
Par nuits sans lune, la paroisse de Saint-Étienne murmure l’histoire d’un homme que la malédiction métamorphosa : un loup-garou hantant ruelles et greniers. Les témoins racontent hurlements et empreintes improbables sur la pierre froide des maisons. Les anciens rappellent les précautions d’antan — laisser du pain et du sel — comme si un rite protecteur pouvait encore tenir à distance la faim d’une bête humaine.
Le chatelain fantôme du bois de Cicé
Dans l’ombre des chênes du bois de Cicé, veille un chatelain disparu : il revient, disent-ils, pour hanter ses allées et vérifier ses domaines. Les promeneurs la nuit rapportent une silhouette élégante, une lampe vacillante et l’odeur lointaine d’un vieux cuir. Le fantôme n’est pas méchant ; il cherche sans doute seulement la paix qu’on lui refuse, tandis que ses pas réchauffent d’un frisson les sentiers endormis.
Petit Mineur, le lutin des galeries
Sous la terre, là où grondent anciennes galeries et puits, rôde un lutin protecteur : Petit Mineur. On le plaint, on le supplie, on l’écoute — car il avertit avant l’éboulement, souffle des conseils et joue des tours aux inconscients. Les mineurs de jadis témoignent encore de coups ou d’appels dans la roche : on descend en sachant qu’un farfadet surveille, capricieux mais salvateur, la noirceur des profondeurs.
Pour aller plus loin, parcourez Histoires extraordinaires rennaises, ou Nouvelles histoires extraordinaires rennaises.
Retrouvez également en ligne notre interview sur les sorcières en Bretagne.


