Le cliquetis des palets sur la planche de bois va à nouveau résonner dans un lieu chargé d’histoire. Ce dimanche 26 octobre, la Halle Martenot accueille la cinquième édition du tournoi de palet organisé par La P’tite Planche. Les premières inscriptions débuteront dès 9h30, pour un début de tournoi à 10h30. Cette année encore, tout un pan de la culture bretonne reprendra vie sous les arches de ce monument emblématique de Rennes.
La Halle Martenot n’a pas été choisie par hasard. Ce lieu est mythique pour les amateurs de palet. Dans les années 1970, cette halle a vu se jouer certaines des plus grandes pages de l’histoire du sport, avec des Coupes de France mémorables disputées ici-même. Les Rennais, qui la connaissent surtout comme un haut lieu du marché des Lices, redécouvriront sa vocation sportive originelle.
Chaque lancer est un duel de précision, chaque manche un moment de tension joyeuse.
L’événement s’adresse autant aux vétérans du sport qu’aux curieux de passage. Autour du jeu, buvette, restauration, stands de partenaires, animations : tout sera pensé pour créer une journée complète de plaisir et de rencontres. Derrière l’organisation, des noms bien connus de la scène locale comme Roazhon Fusion, Coat Albret, David Jeux, l’Amrok ou encore la FNSMR, la Fédération Nationale du Sport en Milieu Rural, garante des règles officielles.
Le palet breton n’est pas un simple passe-temps. C’est un sport à part entière, avec ses codes, ses termes, son matériel. La planche de peuplier, les palets de fonte de 120 grammes, le lancer à 5 mètres, le fameux « chapeau » quand le palet recouvre le maître : autant de subtilités qui témoignent de la richesse du jeu. Une partie se dispute en 12 points, avec une règle d’or : le palet doit atteindre la planche sans toucher le sol, faute de quoi il est annulé.
Mais le palet, c’est aussi une histoire. Une histoire ancienne, mouvementée, parfois violente. Il y a plus de 700 ans, en 1319, Philippe V le Long interdisait déjà les jeux de palet, préférant que le peuple s’exerce à l’arc pour préparer la guerre contre l’Angleterre (sources : 20 Minutes, Rennes). Certaines histoires virent même au drame. En 1907, une partie tourne mal à Plumelec et se termine par une bagarre mortelle, comme le relate un article de l’Ouest-Éclair.
Mais sans aucun doute, le palet a su conserver une force d’évocation rare, celle des jeux populaires. Aujourd’hui encore, cette scène se répète, inchangée, à travers les générations. Ce dimanche, la Halle Martenot ne sera pas seulement le théâtre d’un tournoi. Elle sera le point de rencontre entre les générations, entre l’histoire et le présent, entre le jeu et l’identité. Un poème tiré de Jeux de l’enfance et de la jeunesse en résume l’esprit avec une belle justesse :
Certain palet adroitement lancé, Part comme un trait, et le voilà placé, Près du but. La place était bonne, Il n’y craignait, dit-on, personne ; Quand soudain par un autre il se voit repoussé. Un troisième à son tour donne au second la chasse. Un quatrième part, et celui-ci se place Sur le but même. Il a gagné. Même cas tous les jours arrive chez les hommes, Nous courons tous tant que nous sommes, Vers certain but plus ou moins éloigné. Tel qui l’atteint d’abord est supplanté sur l’heure. C’est souvent au dernier que la place demeure.



