La Chambre de l’instruction a refusé aujourd’hui la demande de remise en liberté de Donovan Pronteau. Le jeune homme de 29 ans avait été condamné en septembre dernier pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », envers son voisin de 61 ans dans la région de Vitré.
Donovan Pronteau, 29 ans comparaitra détenu, lors de son procès en appel à la Cour d’Assises en novembre prochain. « Il n’est pas déraisonnable, après trois années de détention, que Donovan Pronteau retrouve la liberté en attente de son procès en appel. Aucun renouvellement d’acte n’est à craindre, il a prouvé sa volonté d’être pris en charge. Il n’a jamais contesté les faits et a toujours coopéré », avait pourtant plaidé l’avocate Emma Vermandel, en l’absence de son client.
« Je comprends bien l’enjeu : monsieur Pronteau peut espérer davantage de clémence de la justice s’il comparait libre plutôt qu’entravé à son procès cet automne. Je nourris cependant quelques inquiétudes quant la dangerosité potentielle du mis en examen lorsqu’il est sous emprise de toxiques », a immédiatement tempéré l’avocat général avant de s’opposer fermement à cette libération. La partie civile avait auparavant soutenu que la famille de la victime étant encore traumatisée, ne pouvait tolérer une remise en liberté si proche de la date fixée par la cour d’Assises.
Rappel des faits
Le 20 août 2022, à Cornillé, Pierre Souvestre et son épouse profitent d’un apéritif chez eux, lieu-dit La Machottière près de Vitré. Vers 18h40, deux chiens pénètrent dans leur propriété et effrayent leur fille. Agacé, Pierre Souvestre, 61 ans, se dirige vers la maison de son voisin qui a déjà laissé divaguer ses chiens. La confrontation s’envenime. Le fils de la famille envoie trois coups de poings et un coup de pied au sexagénaire qui soudainement tombe au sol. Il décèdera quelques instants plus tard, malgré une tentative de réanimation.
Un homicide par attaque cardiaque
Le jeune vitréen n’a jamais nié les faits. Ce n’est d’ailleurs que sur la peine de 9 ans de réclusion prononcée en 2024 qu’il fait appel. Mais, comme le rappellent ses avocats, « Ce ne sont pas les coups portés qui ont directement conduit au décès. La santé de la victime était telle qu’un simple état de stress pouvait conduire à sa mort ». Lors du procès précédent, l’expert médical avait d’ailleurs expliqué que « la victime est décédée des suites de l’altercation, sous l’effet du stress, de l’effort physique et d’une arythmie cardiaque. » En septembre, Maître Jérôme Stéphan l’avait également rappelé à la Cour : « Si les agressions n’avaient pas eu lieu, rien ne dit qu’il ne serait pas mort quand même. »
C’est donc détenu que Donovan Pronteau comparaîtra les 12, 13 et 14 novembre prochain devant la Cour d’Assises.


