Le 13 aout dernier, un couple se trouve dans un hôtel de Chantepie, en proche banlieue rennaise. Comme souvent, elle comme lui sont dans un état second. Ils se connaissent depuis un mois. Lorsqu’elle lui annonce qu’elle est enceinte de lui, il voit rouge. Le ton monte. Les coups partent. Pleuvent même.
La jeune femme ne se laisse pas faire. Elle réplique. L’employé de l’hôtel se présente. La vidéosurveillance que la police a pu consulter est sans appel : son intervention n’est pas du goût de son client, qui le roue de coups. « Coup de tête. Coups au visage. Coups de genoux, alors même que l’hôtelier est au sol », énumère le rapport médico-légal.
La police est prévenue et interpelle l’homme ivre et violent.
Concernant les violences sur le réceptionniste de l’hôtel, le prévenu reconnaît tout mais accuse le tenancier d’avoir porté les premiers coups. Il nie avoir violenté sa concubine.
Circonstances atténuantes… ou aggravantes ?
« Nécessité fait loi », ose plaider l’avocat du prévenu, qui comparaissait (détenu) devant le tribunal correctionnel de Rennes mardi 19 août. Relativement mal à l’aise de devoir argumenter en ce sens, alors que l’ex conjointe est en larmes dans la salle, il tente de se justifier : « Le prévenu est un jeune algérien en situation irrégulière. Certes il est déjà bien connu de la justice pour vol et stupéfiants. Mais nous savons tous que pour survivre lorsqu’on est sans papier, seuls certains ‘métiers’ s’offrent à vous. » Concernant les violences sur la jeune femme, il ajoute : « Vu le milieu dans lequel tous deux évoluent, on peut se poser la question de savoir si ce n’est pas quelqu’un d’autre qui a porté les coups à madame… voire qui est le père de l’enfant à naître. » Glaçant.
Celui qui a avoué au tribunal travailler actuellement comme livreur de repas pour Uber Eats, en sous louant illégalement une licence, a été condamné à 8 mois de prison ferme. Notamment en vue de le maintenir enfermé jusqu’à un prochain jugement parisien pour des faits similaires en octobre. L’interdiction de se présenter sur le sol français pour une durée de 5 ans a également été prononcée.


