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8000 EUROS POUR LA MAIRE : UNE INDEMNITÉ DE RICHE POUR EN MARCHE

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“8 000 €… Voici les indemnités cumulées que vous allez toucher Madame la Maire et vous ne serez pas la seule…”, a regretté Olivier Dulucq, conseiller municipal En Marche, lors du conseil municipal, ce vendredi. “A l’attaque de votre quatrième mandat, vous n’hésitez pas à̀ nous faire délibérer pour atteindre le maximum ou presque de rémunération pour un élu de la République. 8 000 €, soit une fois et demie l’indemnité d’un député.  Soit surtout 6 fois le SMIC mensuel qui est de 1521 € au 1er janvier 2020, ou près de quatre fois le salaire médian, qui est à̀ 1789 €.”

Une indemnité de riche

Et de poursuivre l’attaque. “Selon l’Observatoire des inégalités qui fixe le seuil de richesse au niveau du double du revenu médian, on devient riche à partir de 3 075 euros pour une personne seule, 5 963 euros pour un couple et 7 852 euros pour une famille avec deux enfants. Vous nous proposez donc d’adopter, en catimini ou presque que plusieurs élus, deviennent riches. Le tout sans travailler, car la loi est claire nos mandats locaux sont bénévoles mais indemnisés.”

“Votre équipe, ajoute-t-il, comporte donc quelques bénévoles qui n’ont plus travaillé depuis 6, 12 ou 18 ans, mais qui trouvent tout à fait adapté de bénéficier d’une indemnité de riche. Quand je pense que nous avons fait campagne avec l’étiquette de candidats du Président des Riches… Vous-même et vos principaux adjoints, sans nul besoin de démontrer une quelconque compétence avérée seront donc indemnisés comme des riches et figureront parmi les plus hauts revenus de la ville et de la métropole. Les directeurs généraux des services et leurs adjoints ont des titres, des compétences ont passé́ des concours et vous, le double miracle du MJS (Mouvement des jeunes socialistes) et du suffrage universel semble vous autoriser à être riche, six ans de plus.”

Indigne attaque

“Nous ne sommes ni en colère, ni même taquins”, précise Olivier Dulucq, nous sommes assurément tristes que vous ne réalisiez toujours pas en quoi vous contribuez à̀ abimer la notion de démocratie, de mandat. Il sera toujours temps de faire des tribunes dans Libération pour vanter votre fabuleuse envie de démocratie participative… 8 000, c’est au moins le nombre de raisons de voter contre cette délibération, dont pendant six longues années, nous reparlerons. Et à chaque fois que vous nous parlerez de démocratie participative ou de citoyenneté, nous rappellerons votre haute valeur.”

Face aux critiques d’Olivier Dulucq, Nathalie Appéré a laissé répondre Marc Hervé, premier adjoint au maire, vice-président de Rennes Métropole et conseiller général. “Vos propos ne sont ni taquins, ni une colère”, a confié l’élu rennais. “Ils sont simplement indignes ; indignes d’un élu attaché à la république et indignes d’un représentant de cette démocratie française. C’est grâce à ces indemnités qu’à Rennes, comme dans d’autres collectivités, la démocratie est ouverte à tous et que cette même démocratie ne soit pas réservée à quelques-uns, aux notables.”

Regrettant cet “ignoble discours”, Marc Hervé a mis en avant le travail des élus administrant plus de 2000 agents sous leur responsabilité et plus de 383 millions d’euros de budget. « Tous ces moyens-là, nous avons à les mettre en œuvre et c’est aux citoyens de juger de la compétence des uns et des autres et non à Olivier Dulucq. » Au contraire d’Olivier Dulucq, Marc Hervé estime “exemplaire” la fixation de indemnités rennaises. “Si vous comparez à d’autres collectivités, la pyramide des rémunérations a été aplatie à Rennes pour créer plus d’égalité entre les conseillers par rapport à Madame la maire et ses adjoints.” Dommage seulement que le montant des indemnités n’ait pas été donné en conseil municipal. L’opposition de droite et la majorité ont voté pour. 

Phrase du jour : “Nous proposions lors de la campagne municipale de plafonner des indemnités. Une proposition de loi a été déposée en janvier 2020 à l’Assemblée par deux députés de La République En Marche. Espérons qu’elle prospère. Cette limitation était à̀ 4 200 €, ce qui était déjà très conséquent pour un mandat dit bénévole”, confie Olivier Dulucq.

A noter : “Le budget global consacré aux indemnités des élus n’augmente pas par rapport à 2014. Il diminue même légèrement. Cela fait maintenant plus de dix ans qu’elles n’ont pas été valorisées à Rennes. Elles sont pour la grande majorité d’entre nous en-dessous du salaire médian”, ajoute l’écologiste Mathieu Theurier. “La prise en compte du cumul des mandats est en partie effective au regard de l’application d’un décote de 15 %. Nous sommes là aussi une des seules collectivités en France à le faire.” Petit rappel, les élus écologistes ne cumulent pas un poste d’adjoint avec un poste de vice-président de Rennes Métropole. 

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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