L’évadé du planétarium a finalement été jugé aujourd’hui, après un délai pour préparer sa défense. Le 14 novembre, ce détenu avait faussé compagnie à la Pénitentiaire pour une cavale de treize jours.
L’affaire avait agité tous les médias de Rennes et du pays. Le 14 novembre dernier, le détenu Émile Siegler (dit « Gino ») s’était évadé au cours d’une permission au planétarium des Champs Libres. L’homme de 37 ans aux vingt-sept condamnations à son casier judiciaire avait été interpellé lors d’une opération musclée de la BRI en région nantaise treize jours plus tard.
« Les policiers ont dû s’y reprendre à deux fois afin de procéder à son interpellation », avait rappelé la procureure lors d’une première comparution. Depuis Paris, le garde des Sceaux avait dans la foulée limogé le directeur de la prison de Rennes-Vezin, pourtant considéré comme un fonctionnaire exemplaire, en fin de carrière.
Une évasion pour échapper à un assassinat ?
Jugé aujourd’hui par le tribunal correctionnel de Rennes, Émile Siegler a été condamné à deux ans de prison. « Si c’était à faire, je le referai », a-t-il lancé aux magistrats.
À la barre, le prévenu nie toute préméditation. L’enquête révèle pourtant qu’une voiture, louée par son frère, l’attendait devant le musée.
Victime d’une agression en milieu carcéral, l’homme justifie son évasion : « Je n’arrivais plus à dormir la nuit. J’avais peur de me faire planter. Je ne me suis pas évadé par plaisir… Je ne voulais pas mourir en prison », explique-t-il.
Pour l’avocat Sami Khankan, son client est aussi victime du battage médiatique lié à cette évasion très commentée. « Si vous éludez tout cela, l’infraction est plutôt ordinaire », a-t-il plaidé face à un procureur qui aurait préféré que « Gino » reconnaisse la préméditation de son acte.
Commanditaires des multiples incendies de Poêles et Cie ?
Parmi les nombreux faits reprochés au détenu figure une autre affaire qui avait agité les services de police et de gendarmerie : les incendies visant les magasins Poêles & Cie de Redon, Bain-de-Bretagne, La Mézière (Ille-et-Vilaine), Châteaubriant (Loire-Atlantique) et Segré-en-Anjou (Maine-et-Loire). Deux ans et demi de prison fermes avaient été prononcés à son égard lors d’un jugement le 2 décembre 2025, pour celui qui est considéré comme un intermédiaire dans cette série d’incendies.


