Elle est probablement la première serial killer française. Plus de 170 ans après son exécution, Hélène Jégado continue de fasciner. Chaque mardi, une visite guidée propose de parcourir le centre historique sur les pas de celle que l’on surnomme encore « l’empoisonneuse ».
Employée de maison presque modèle au XIXe siècle, Hélène Jégado est reconnue coupable de l’assassinat de 32 personnes, après 18 années de méfaits. À l’époque, on la soupçonne aussi d’avoir tenté d’en empoisonner 24 autres. Arrêtée le 2 juillet 1851, elle nie les faits devant la Cour d’assises de Rennes. Jusqu’au bout, elle espère que les décès soient imputés à l’épidémie de choléra qui frappe alors la région. Elle sera condamnée et exécutée à Rennes en 1852, sur l’actuelle esplanade Charles-de-Gaulle.
La visite du jour, qui s’appuie sur des témoignages de l’époque et des extraits du procès, emmène les visiteurs estivaux de maison en maison, et de lieux emblématiques en places fortes de l’histoire de la Jégado.
Des chiffres gonflés ?
« On a dit beaucoup de choses et gonflé les chiffres concernant la Jégado. Il est important de se baser sur les faits, comme je l’ai fait en reprenant tous les comptes rendus du procès, les enquêtes judiciaires et les témoignages des Rennais de l’époque », insiste Justine Jouet, historienne de la sorcellerie qui a contribué à l’élaboration du circuit touristique. « L’objectif n’est donc pas de réhabiliter la criminelle, mais de distinguer les faits des récits qui se sont construits au fil du temps », poursuit-elle. En effet, on impute parfois davantage de victimes à l’empoisonneuse qu’elle n’en a réellement causé.
Une figure qui dépasse la Bretagne
Le destin d’Hélène Jégado continue d’alimenter l’imaginaire collectif. Comparée à Landru, elle a inspiré Jean Teulé dans Fleur de Tonnerre et a récemment fait l’objet d’émissions comme Affaires sensibles, sur France Inter, ou Hondelatte raconte, sur Europe 1.
Pratique : La Jégado, la plus grande des serial killers, chaque mardi jusqu’au 1er septembre à 14h30. Départ devant l’Office de tourisme, 1 rue de Saint-Malo. À partir de 10,5 € Réservation obligatoire.
Pour aller plus loin : Découvrez les recherches, et le livre de Justine Jouet.


