Ce vendredi 2 octobre, le mouvement lycéen se poursuit à Rennes. Dès le début de la matinée, des élèves de Jean-Macé, d’Émile-Zola et de Joliot Curie ont investi la rue, provoquant des perturbations de circulation et plusieurs interventions des forces de l’ordre.
Près de la faculté de droit, des lycéens de Jean-Macé, sortis de leur établissement vers 8 h 30, ont installé un barrage sur la chaussée à l’aide de poubelles et de barrières. L’action a rapidement provoqué d’importants embouteillages sur les axes voisins. De nombreux automobilistes pestaient contre cette action lycéenne. « Je bosse, moi ! », s’indignait une dame au volant de sa petite voiture.
La situation était plus tendue du côté du lycée Émile-Zola, où l’ambiance était « assez chaude », selon les termes d’un policier. À plusieurs reprises, les forces de l’ordre sont intervenues pour dégager l’entrée de l’établissement, obstruée par un amoncellement de poubelles, d’objets divers et de pancartes. Les manifestants ont d’abord été repoussés en direction du TNB, avant de revenir par le pont Pasteur. « C’est le gang des poubelles », ironisait un passant en observant leurs allées et venues.
Vers 8 h 50, les lycéens ont installé un nouveau barrage sur l’avenue Janvier avec plusieurs conteneurs. À l’arrivée des policiers, le groupe s’est rapidement éparpillé avant de se reformer sur le pont Pasteur. De nombreux slogans hostiles à la police et antifascistes y étaient alors scandés par les lycéens et les lycéennes. Sur leur passage, quelques passants applaudissaient les manifestants. En milieu de matinée, la mobilisation se poursuivait encore dans le centre-ville.
Vers 10 h, la préfecture communiquait par voie de presse. « Des actions de blocage sont en cours aux abords de plusieurs lycées à Rennes et à Saint-Malo. Des feux de poubelles ont été allumés en plusieurs endroits et des barricades enflammées ont été constituées sur la chaussée, bloquant la circulation. Un feu important a aussi été allumé dans la cour d’un lycée. »
Déjà quatre interpellations
D’après la préfète, l’usage de liquides et d’aérosols inflammables a été constaté à de très nombreuses reprises. « Ces pratiques aggravent fortement les risques pour les auteurs, les élèves à proximité, les passants et les bâtiments. Les policiers engagés ont aussi fait l’objet de jets de projectiles. Face à ces situations dangereuses, les forces de sécurité intérieure interviennent pour sécuriser la population, permettre l’action des sapeurs-pompiers et interpeller les auteurs. » La préfète de la région Bretagne, préfète d’Ille-et-Vilaine, condamne ces actions qu’elle juge dangereuses ainsi que les nouveaux actes de violence à l’égard des forces de police et de gendarmerie. Elle invite les élèves à s’éloigner des groupes violents et des feux, qu’elle qualifie d’« extrêmement dangereux ».


