Après plusieurs journées de mobilisation et de violences autour des lycées rennais, les deux responsables politiques de la gauche locale ont pris la parole. La députée LFI Marie Mesmeur soutient le mouvement et met en cause la réponse des pouvoirs publics. La maire de Rennes, Nathalie Appéré, appelle au dialogue tout en condamnant fermement les violences. Le fossé se creuse entre les deux femmes.
L’une, Marie Mesmeur, députée insoumise, est allée ce jeudi à la rencontre des manifestants. L’autre, Nathalie Appéré, a laissé plusieurs de ses adjoints se rendre sur le terrain, comme Gaëlle Rougier, ce vendredi matin devant les grilles du lycée Zola. Mais toutes les deux ont tenu à réagir devant les évènements. La première par un communiqué adressé à la presse locale, la seconde sur Facebook. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs lectures de la mobilisation divergent.
Marie Mesmeur choisit d’abord de mettre en avant les revendications des jeunes. Dans son communiqué, elle évoque les conditions matérielles dans les établissements, le manque d’enseignants, d’AESH, d’AED, de psychologues, d’assistantes sociales et d’infirmières scolaires. Elle relaie au passage la demande de suppression de Parcoursup. « En tant que députée de La France insoumise, je soutiens ce mouvement », écrit-elle.
Mettant directement en cause la réponse gouvernementale, l’Insoumise accuse l’exécutif de vouloir « régler les problèmes de l’école à coups de charges de CRS, de tirs de LBD au visage ou de gaz lacrymogène à bout portant ». Pour elle, il faut un « plan d’urgence » pour le bâti scolaire, la gratuité réelle de la scolarité et des recrutements massifs. Elle promet surtout de rester aux côtés des manifestants et de « faire ce que le gouvernement refuse : ouvrir le dialogue, entendre les revendications des jeunes et proposer un chemin d’apaisement ».
Je m’opposerai à toute répression violente et inutile » de mobilisations qu’elle décrit comme « très majoritairement pacifiques », Marie Mesmeur.
Le ton choisi par Nathalie Appéré est sensiblement différent. Dans un message publié sur Facebook, la maire de Rennes reconnaît elle aussi « le malaise d’une partie de notre jeunesse », qui « s’inquiète pour son avenir » et demande que l’éducation soit placée « au cœur de notre projet de société ». « Il faut l’entendre », écrit-elle. Dans le même post, elle demande au gouvernement d’établir « rapidement un cadre de dialogue respectueux permettant aux jeunes d’exprimer leurs attentes et d’obtenir des réponses ».
Mais la maire ajoute immédiatement une condamnation sans ambiguïté des incidents survenus ces derniers jours : « Des scènes de violence et des dégradations ont malheureusement émaillé la mobilisation. » Nathalie Appéré cite les « personnels de la communauté éducative », mais aussi « les policiers, les pompiers » et « les riverains » pris à partie. « Ces violences sont inacceptables dans notre État de droit. Elles doivent cesser », affirme-t-elle.
Les deux prises de parole se rejoignent donc sur la nécessité d’entendre les revendications de la jeunesse. Mais elles divergent nettement dans leur lecture des affrontements. Marie Mesmeur concentre sa critique sur la réponse gouvernementale et policière et présente les mobilisations comme « très majoritairement pacifiques ». Nathalie Appéré insiste, elle, sur la condamnation des violences et des dégradations, tout en appelant le gouvernement à ouvrir le dialogue.


