Valentin Rongier, ancien capitaine de l’Olympique de Marseille et pur produit du FC Nantes, a été présenté, ce 21 juillet, comme la nouvelle recrue du Stade rennais. Mais cette venue ne manque pas de faire réagir — dans les travées du Roazhon Park comme sur les réseaux sociaux. Par le passé, Valentin Rongier ne fut pas en effet toujours tendre avec son nouveau club.
« Ça va bien », a-t-il expliqué au micro du service de communication de la formation bretonne, lors d’une vidéo sur You tube. « Je suis un petit peu fatigué, parce qu’il y a beaucoup de choses à faire quand on arrive dans une nouvelle équipe : les checks médicaux, la rencontre avec ceux qui sont ici pour nous aider au quotidien, et puis la découverte des infrastructures du club. Mais, ici, les installations sont magnifiques ! C’est très pro, très structuré. Il y a de quoi très bien travailler. »
Steve Mandanda m’a dit du grand bien. »
Son choix, Valentin Rongier l’a mûrement réfléchi ! «C’est un club très attractif. Pour moi, c’est important de rejoindre le SRFC qui a beaucoup d’ambition et le projet de retrouver l’Europe le plus rapidement possible.» Mais son arrivée en terre bretonne ne passe pas inaperçue, notamment auprès des responsables Kop rennais qui lui reprochent ses propos dans la presse (voir notre article). « Il y a du temps qui est passé », a tenu à préciser, l’ex-Marseillais. « Il y a un homme qui a grandi. Je ne sais même plus quel âge j’avais quand j’ai dit ça », reconnaît-il. « J’avais fait toute ma vie, ou presque, à Nantes. Et je crois même que c’était la veille d’un derby. Le contexte était complètement différent. Aujourd’hui, le projet du Stade rennais, il est parfait pour moi. »
Ce revirement, Valentin Rongier l’assume. « Bien sûr que je comprends les réactions. Je suis assez sensé comme personne. Chacun peut avoir son avis. Il y en a qui sont contre ma venue, il y en a qui sont pour. Je sais que c’est la règle du jeu. » Mais là où certains crient à la trahison ou à l’hypocrisie, lui parle de football et de passion. « Si vous reprenez mes propos, mes chambrages, ça a toujours été bon enfant. Je n’ai jamais voulu manquer de respect, ni à l’institution Rennes ni à leurs supporters. S’il y en a qui se sont sentis blessés ou offensés, je suis navré. Mais pour moi, ça fait partie du foot. C’est ce qui alimente les rivalités, ce qui rend les derbies vivants. »
Devant les critiques, l’ex-Nantais n’hésite pas à illustrer cela avec des exemples concrets. « J’ai chambré Mbaye à l’époque, lui ne s’est pas gêné non plus. On s’est même revus en vacances, il n’y avait strictement aucune animosité. Aujourd’hui, on ne peut plus rien dire. Vous vous rendez compte les proportions que ça prend pour quelques petites phrases… » Derrière les polémiques et les raccourcis, Valentin Rongier arrive surtout avec une vraie motivation. « J’ai passé six ans à Marseille. J’avais aussi besoin de sortir de ma zone de confort. Je mets les pieds dans un club que je ne connais pas de l’intérieur, avec un projet ambitieux. Et moi, j’adore ces choses-là. Ce n’est pas une régression, juste un challenge différent. »
Ce challenge, le footballeur veut le relever avec tout son bagage. Son expérience, son leadership, sa rigueur. « Oui, j’espère être un meneur. J’ai acquis une certaine maturité. Être capitaine de l’OM, cela vous forge. Il y a une pression là-bas particulière, complexe même. Et c’est aussi pour ça que le coach, le président et le directeur sportif ont pensé à moi. Pour amener cette maturité, ce cadre, entourer les jeunes, parce qu’ici, le centre de formation sort beaucoup de pépites. Il faut des joueurs expérimentés pour les aider à franchir des paliers. »
À Rennes, Valentin Rongier arrive avec des ambitions claires et un cadeau de la part des dirigeants bretons (une chèvre). « Je veux trouver de la compétitivité, de la gagne. Je demande juste aux gens de me laisser faire mon travail. Je vais me donner à 1000%, comme je l’ai toujours fait. Mon objectif, c’est d’épauler Rennes à retrouver sa place en haut du classement, et si possible en Europe. » La première étape de sa nouvelle aventure ne pouvait être plus symbolique. Il affrontera avec ses coéquipiers : l’Olympique de Marseille, dès la première journée de championnat. « Le but est d’être prêt pour ce match. Il y aura sûrement un peu d’émotion, mais surtout de l’envie. » Valentin Rongier, l’ancien Nantais, l’ex-Marseillais, est devenu désormais un joueur du Stade rennais. Et c’est sur la pelouse que tout se jouera.


