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samedi 7 mars 2026
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une mosaïque d’Odorico redécouverte en plein centre-ville

Une belle surprise patrimoniale vient d’apparaître en plein cœur de Rennes. À l’occasion de travaux menés au 5, rue d’Estrées, dans l’ancien magasin André récemment fermé, une mosaïque signée Odorico a été mise au jour par les ouvriers. C’est Daniel Enocq, spécialiste reconnu des mosaïques et auteur de plusieurs ouvrages sur le patrimoine rennais, qui a confirmé l’authenticité de la découverte. Contacté par la nouvelle propriétaire des lieux, intriguée par les décors apparus derrière des aménagements plus récents, il n’a eu aucun doute : il s’agit bien d’une mosaïque issue de l’atelier Odorico.

Les photographies, transmises par la propriétaire actuelle à Daniel Enocq, ont été publiées sur la page Facebook Rennes en 1900. Elles représentent une très belle fresque signée par le mosaïste Isidore Odorico, bien connu pour ses compositions colorées, visibles encore aujourd’hui sur de nombreux immeubles et commerces de la capitale bretonne (piscine Saint-Georges…).

Pour comprendre toute la portée de cette découverte, il faut remonter à l’histoire du lieu. Avant d’abriter l’enseigne André, le 5, rue d’Estrées était le célèbre magasin « A la Fée » (source wikirennes). Cette maison, spécialisée dans les fournitures pour la mode et la couture, mercerie, passementerie, soieries, rubans et dentelles, fut l’une des adresses incontournables du centre rennais. On venait de loin pour s’y approvisionner. À une époque où la concurrence était rude et où beaucoup de commerces familiaux disparaissaient, « A la Fée » s’imposa par la qualité de son offre, l’importance de ses stocks et un solide réseau de couturières.

À l’origine de cette réussite, une femme au parcours remarquable : Ambroisine Garnier-Leray. Née à Rennes en 1863, elle fonde en 1890 sa première mercerie grâce à un héritage familial. Avec son mari Julien Garnier, elle développe ensuite « A la Fée » rue d’Estrées, à deux pas de l’Hôtel de Ville. Le commerce prospère au point d’agrandir ses locaux. En 1927 et 1928, le magasin est entièrement réaménagé. La devanture est repensée avec une alliance élégante de marbre, de mosaïques et de fer forgé.

Les travaux sont alors confiés à Isidore Odorico, dont le talent contribue à donner au lieu une identité visuelle forte et moderne. Ambroisine Garnier-Leray décède malheureusement en 1928, peu après ces transformations, sans profiter longtemps de cette nouvelle façade. Grâce à la vigilance de la nouvelle propriétaire et à l’expertise de Daniel Enocq, un fragment du patrimoine de « A la Fée » refait surface. Une preuve supplémentaire que sous les enseignes contemporaines, la ville cache encore de précieux témoignages de son passé.

 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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