Ce jeudi 18 septembre, la journée a commencé tôt pour les manifestants et les autorités en Ille-et-Vilaine. Dès 6h30, tout le monde était sur le pont : les contestataires pour bloquer la rocade et les forces de l’ordre pour les empêcher d’agir ! A la même heure, la préfecture a activé le centre opérationnel départemental afin de suivre en temps réel les actions de mobilisation annoncées par le mouvement Bloquons tout.
Dans les premières lueurs du jour, des tentatives de blocage ont été signalées devant plusieurs lycées de Rennes, tandis que des petits groupes cherchaient déjà à perturber la circulation dans le secteur des Gayeulles. Les forces de l’ordre, prépositionnées dans la nuit, sont immédiatement intervenues pour lever les blocus, bien avant 9 h. Tout au long de la matinée, quelques tentatives sporadiques persistaient, sans effet durable. La circulation, notamment sur la rocade rennaise, demeurait fluide.
Vers 10h, la situation restait globalement calme, même si un barrage filtrant à Villejean a été rapidement dissipé par les forces de l’ordre. En fin de matinée, vers midi, une trentaine de manifestants ont brièvement bloqué un rond-point dans le secteur de Grand Quartier. Là encore, l’intervention rapide des forces de l’ordre a permis de rétablir la circulation en moins de quinze minutes.
À 13h15, la mobilisation prenait de l’ampleur. Moins d’une heure plus tard, aux alentours de 14h20, une journaliste était contrainte de quitter le cortège après avoir été prise à partie par des individus hostiles, place de Bretagne. Au même moment, la situation s’est dégradée rapidement. À 14h30, des incidents éclataient en tête de manifestation. Des projectiles étaient lancés contre les forces de l’ordre qui repliquaient par des lacrymogènes. Quinze minutes plus tard, la préfecture annonçait la fermeture temporaire de la gare de Rennes, par mesure de précaution. À ce moment-là, le nombre de manifestants était estimé à 11 500.
À 15h30, les forces de l’ordre ont eu recours à nouveau des gaz lacrymogènes devant le pont de Nantes, en réponse aux nombreux jets de projectiles, tirs de mortiers d’artifice et dégradations constatées sur plusieurs commerces (voir nos photos). « Ces violences sont imputées à un groupe clairement distinct du cortège syndical. L’usage des gaz s’est fait dans une direction opposée à celle du gros de la manifestation », tenait à préciser dans un communiqué la préfecture.
La situation s’est ensuite stabilisée. À 15h55, la gare de Rennes a rouvert ses portes, après de vives tensions entre ultras et forces de l’ordre. Sa fermeture, d’une durée d’environ une heure, n’a eu aucun impact sur la circulation des trains, et aucun dégât n’a été recensé par la SNCF. À la même heure, le bilan provisoire faisait état de 17 interpellations, dont 3 suivies de garde à vue. A 17h35, des feux de poubelle étaient allumés à Saint-Anne, nécessitant l’intervention de l’engin lanceur d’eau. Une heure plus tard, un autre incendie était allumé devant la République. Là encore, les forces de l’ordre intervenaient. La soirée risque d’être chaude…
Dernière minute : 21 interpellations, 3 gardes à vue, 3 blessés en urgences relatives causés par des jets de projectiles sur des forces de sécurité intérieure. Sur l’ensemble de la journée, plus de 500 policiers et gendarmes ont été mobilisés dans le département d’Ille-et-Vilaine (sources préfecture).


