5.3 C
Rennes
samedi 24 janvier 2026
AccueilActualitésTrafic organisé sur internet : deux amies et trois hommes sous les...

Trafic organisé sur internet : deux amies et trois hommes sous les verrous

Dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Rennes, ce lundi 15 décembre, deux jeunes femmes à l’allure frêle arrivent sous bonne escorte. Les poignets menottés, elles se présentent aux policiers qui les libèrent de leurs entraves. Devant les magistrats, toutes deux prennent place, l’une sur un banc, l’autre sur un autre. Dans la vie, elles sont compagnes.

Pauline Maffei, 24 ans, étudiait dans une grande école de commerce à Rennes pour devenir manager. Son amie, Cassandra Augereau, 22 ans, était vendeuse. Jadis placées sous bracelet électronique dans une autre procédure liée au trafic de stupéfiants, elles comparaissent cette fois pour transport, détention et acquisition, faits commis dans la Manche, le Maine-et-Loire et en Bretagne, notamment à Rennes, Thorigné-Fouillard, Noyal-sur-Vilaine, Saint-Cast et Chantepie, entre le 1er février et le 14 octobre 2025.

Les avocats ont demandé des peines justes.

Elles ne sont pas seules devant la justice. Dans le box, sous forte escorte policière, se tiennent leur « boss », Killian Delalande, son bras droit Ouweyssou Konté, ainsi qu’un troisième prévenu, Ounaissi Soula. Comme souvent dans ce type de dossier, les principaux prévenus se montrent peu diserts. « Je reconnais les faits », lâche Killian Delalande, d’une voix laconique. « Je gagnais entre 4 000 et 5 000 euros par mois, mais je devais payer tout le monde. » Il versait notamment 200 euros par semaine et une dose de cocaïne à une nourrice, chez qui il se rendait parfois avec un « barbu » pour récupérer des stupéfiants.

Dans cette affaire, les deux jeunes femmes assuraient  le transport d’importantes sommes d’argent, jusqu’à 50 000 euros, vers Dreux. De leurs déplacements en Eure-et-Loir, elles revenaient chargées de « came » fournie par le réseau. C’était un système bien huilé, lucratif et organisé via Telegram, véritable vitrine numérique du trafic, jusqu’à ce jour, le 14 octobre 2025, date à laquelle une vaste opération de police judiciaire est déclenchée par l’OFAST de Rennes.

Des interpellations et perquisitions sont alors menées à Rennes, Chantepie, Thorigné-Fouillard et Guichen. Elles permettent de placer douze personnes en garde à vue et de saisir une importante quantité de stupéfiants, dont près de neuf kilos de résine de cannabis. Du matériel de conditionnement, environ 5 000 euros en liquide et une arme à feu sont également découverts. « Les faits reprochés sont d’une particulière gravité et témoignent d’un fonctionnement structuré, pensé et lucratif », soulignait Frédéric Teillet, procureur de la République, lors de cette vague d’arrestation.

À la barre du tribunal, les avocats de la défense, dont Me Gwendoline Tenier, Me Kevin Descamps-Guézou et Me Quentin Brocas, ont tenté de relativiser les rôles de leurs clients et ont plaidé des peines justes. « Mon client est présenté comme une tête de réseau, mais il était uniquement dans la gestion de la vitrine numérique », a avancé Me Jérôme Stéphan. « Ni les stupéfiants ni les sommes d’argent ne lui appartenaient. Il est intermédiaire !»

A l’audience, la procureure de la République, Émilie Bourland, a requis des peines allant jusqu’à six ans d’emprisonnement. Le tribunal condamne finalement Cassandra Augereau à deux ans de prison ferme et Pauline Maffei à trois ans. Leur chef de réseau, Killian Delalande, 27 ans, écope de cinq ans de prison. Ounaissi Soula, 29 ans, est condamné à 30 mois d’emprisonnement, dont 12 mois assortis d’un sursis probatoire, et Ouweyssou Konté à trois ans. Tous les cinq sont maintenus en détention.

Deux autres individus, également impliqués comme nourrices, avaient été jugés séparément dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Le premier, placé sous curatelle renforcée, a été condamné à 24 mois d’emprisonnement, dont 16 mois avec sursis probatoire de deux ans. Le second, sans antécédent judiciaire, a écopé de la même peine, dont 18 mois avec sursis. Pour ces deux condamnés, la partie ferme avait été aménagée sous la forme d’un bracelet électronique. Quant aux cinq autres personnes interpellées, leurs gardes à vue avaient été levées sans suite judiciaire.

 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

// Dernières nouvelles publiées

Vingt-cinq migrants accueillis temporairement aux Cadets de Bretagne

Depuis hier soir, 23 janvier, vingt-cinq migrants logent au sein des Cadets de Bretagne, à Rennes. Parmi eux figurent sept enfants ainsi que deux...
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser