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SON GRAND-PÈRE VENDAIT DES OIGNONS À LONDRES : ELLE RETROUVE SA PHOTO SUR LE NET

La Rennaise Cathy Le Scolan a eu récemment une très belle surprise. Elle a retrouvé la photo de son grand-père vendant des oignons à Londres ! “Le cliché a été découvert par hasard sur internet par Pierre Cuzon, un Roscovite (habitant de Roscoff). Il nous a permis de reconnaître notre grand-père, Benjamin Le Duff,” explique la Bretonne. 

                                      Une femme mannequin !

Originaire de Saint Pol de Léon, dans le Finistère, Benjamin était un Johnny (vendeur d’oignons). “Comme ses collègues, il embarquait pour plusieurs mois en Ferry à Roscoff avec son vélo et son chargement d’oignons rosés de Roscoff.” A Londres où il était responsable d’un entrepôt, il vivait comme ses amis dans des conditions spartiates dans le quartier de Lambeth. “Sa première femme était très belle. Elle était mannequin à Paris. Enceinte de 8 mois et cardiaque, elle n’avait pas le droit de prendre l’avion. Elle l’a fait tout de même pour rejoindre mon grand-père à Londres.”

Hospitalisée à son arrivée, dans un état critique, la jeune femme est morte avec son bébé. “Ils sont tous deux enterrés à Londres.” Puis la Seconde guerre mondiale a éclaté. “Rentré en France, à Saint Pol, mon grand-père est devenu résistant. Dénoncé, arrêté chez lui par les SS, il est déporté dans le camp de Buchenwald où il a tenté de s’échapper plusieurs fois. Il a surtout échappé au four crématoire”, se souvient sa fille.

A la fin de la guerre, Benjamin Le Duff a été libéré par la Croix Rouge. Rentré à Saint Pol, il a refusé les décorations.  “De Gaulle est un planqué,” affirmait-il. “Je ne peux recevoir une décoration.” Marié ensuite avec Thérèse (la grand-mère de Cathy), ce père de trois enfants a continué de travailler à Londres, où il vendait ses oignons sur son vélo. “Il faisait du porte à porte neuf mois sur douze. Ma grand-mère, femme de ménage dans des familles aisées,  le rejoignait parfois à Londres et les trois enfants allaient à l’école là-bas.

Bien que sa première petite-fille, Cathy Le Scolan a très peu connu son grand-père. “Il est mort d’une pneumonie à Londres en décembre 67. J’allais avoir 1 an. Ma grand-mère a découvert une poupée dans sa chambre à Londres qu’il avait achetée pour moi. Il avait toujours dit que s’il mourrait à Saint Pol, il serait enterré à St Pol. Et que s’il mourrait à Londres, il voulait être enterré avec sa première femme et son enfant au cimetière de Lambeth.” Depuis, Cathy a donné le nom de son grand-père à son fils, Benjamin,  aujourd’hui féru de langue anglaise. La boucle est bouclée !

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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