Avec Scènes de la vie conjugale, Arthur Nauzyciel, directeur du Théâtre National de Bretagne, poursuit son exploration des systèmes de domination en déplaçant le regard de la sphère publique vers le territoire clos du couple. À partir du texte d’Ingmar Bergman, il démontre, étape par étape, les mécanismes du couple, l’attachement, et la séparation.
Sur le plateau, seulement deux comédiens : Bénédicte Cerutti et Laurent Poitrenaux, dans les rôles de Marianne et Johan, incarnent avec une intensité rare ce couple qui se défait, se retrouve, et met à nu les rapports de pouvoir et de forces qui travaillent nos constructions intimes.
Le décor, signé Riccardo Hernández, est d’une simplicité radicale : un canapé blanc, un gramophone. Minimaliste et contemporain, il laisse toute la place aux dialogues francs, parfois brutaux, aux silences lourds et aux scènes d’une intimité troublante. Des images vidéo, réalisées par Pierre-Alain Giraud, qui permettent au metteur-en-scène d’inviter la présence d’autres personnages, viennent ponctuellement s’imprimer sur le mur, prolongeant ou contrariant le jeu des acteurs. La lumière de Scott Zielinski, le son de Xavier Jacquot et les costumes de José Lévy complètent ce dispositif précis et épuré.
La représentation, d’une durée de 2 h 50 avec entracte, est conseillée à partir de 15 ans (elle comporte une scène à caractère intime et une scène de nudité). Elle s’inscrit dans une programmation riche : répétition ouverte, rencontres avec l’équipe artistique, visite au Musée des beaux-arts en écho au spectacle, et conférence sur Bergman. 
Après Julius Caesar et Les Paravents, Arthur Nauzyciel confirme ici sa capacité à faire résonner les grands textes du XXe siècle avec une actualité brûlante. Scènes de la vie conjugale, relativement fidèle au texte et à l’univers de Bergman, n’est pas seulement une pièce sur le couple : c’est un miroir tendu à nos propres arrangements, nos non-dits et nos rapports de force. Un spectacle à ne pas manquer pour qui s’intéresse au théâtre d’aujourd’hui et aux questions intimes qui nous traversent tous.
Informations pratiques:
Théâtre National de Bretagne – Salle Vilar
29 septembre – 9 octobre 2026
Durée : 2 h 50 avec entracte
Tarifs et réservations : www.t-n-b.fr


