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mardi 28 avril 2026
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Saint-Jacques de la Lande : un ancien élu condamné pour violences sur ses enfants

La séquence est difficile pour la gauche locale. Quelques jours après la défaite de la candidate de la gauche Marie Ducamin aux municipales de Saint-Jacques-de-la-Lande dans ce bastion socialiste, l’un de ses anciens conseillers municipaux se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire. Jeudi 2 avril 2026, le tribunal correctionnel de Rennes a condamné Hamed X, 52 ans, à un an de prison avec sursis pour des violences commises sur ses enfants.

L’affaire remonte à l’automne 2024. Le 28 novembre, l’aînée de la fratrie X se présente à la gendarmerie. Juste avant, sa sœur cadette, 17 ans, s’est rendue « en pleurs » à l’infirmerie de son lycée, après une altercation avec leur père. Ce matin-là, un reproche banal — ne pas avoir vidé le lave-vaisselle — dégénère entre le papa et sa fille. En chemin en voiture vers l’établissement, les propos deviennent même « dévalorisants ». Puis la situation s’emballe : freinage brusque, sac à dos agrippé par le papa, poignet serré alors que l’adolescente tente de sortir du véhicule.

Devant les forces de l’ordre, ce signalement fait ressurgir d’autres faits. L’aînée raconte une scène survenue en juin 2022, après la Fête de la musique. Son père, « fâché » de son retard, l’aurait « saisie par les poignets » avant de la « jeter par terre » à plusieurs reprises dans sa chambre. Un médecin constate alors « une dizaine d’ecchymoses » sur les cuisses, les bras et l’omoplate…. À l’époque, elle ne portera pas plainte. Un troisième épisode survient aussi en janvier 2025. Le benjamin, alors âgé de 12 ans, assiste à une nouvelle scène violente. Sa sœur cadette, venue le récupérer pour l’emmener chez leur mère à Bruz, est « mise à terre » et « tirée par les cheveux ». L’aînée doit intervenir pour éviter le pire.

Dans ces récits, un élément revient systématiquement : l’absence de la mère, hôtesse de l’air, lors des faits. Depuis 2022, elle vit à Bruz avec ses enfants. Tous décrivent un père qui devient violent après avoir bu quelques verres de rhum. Par peur, les enfants disent avoir progressivement cessé de se rendre chez lui, évoquant sentiment d’insécurité . Les examens médicaux d’un médecin légiste confirment des symptômes de « stress post-traumatique », ajoute le médecin.

À la barre, pourtant, Hamed X nie tout comme il l’avait fait en garde à vue. « Moi mes enfants, je les aime, je les chéris. Il y a un décalage entre ce que vous me lisez là et la réalité », affirme-t-il. Cet ancien animateur commercial, aujourd’hui en reconversion professionnelle, reconnaît toutefois une consommation d’alcool « occasionnelle et festive », mais rejette toute addiction malgré une composition pénale en mai 2025 pour une conduite en état alcoolique. Il s’étonne même que ses enfants aient continué à le voir, évoquant des vacances passées ensemble. « S’ils avaient subi des violences, ils auraient tourné la page. »

Des arguments qui peinent à convaincre de l’autre côté de la barre. « Mes enfants n’avaient pas à vivre ça… Ils ont perdu leur jeunesse », confie la mère, aujourd’hui en instance de divorce. À ses côtés, l’aînée formule une demande simple. « Je demande juste qu’il se soigne et qu’il demande pardon. » En défense, l’avocate d’Hamed X, Me Audrey Fricot, plaide elle la relaxe au bénéfice du du doute. «On n’a que la version des enfants et leurs témoignages sont donc insuffisants.»

Le procureur Jean-Marie Blin parle en revanche d’un « déni majuscule ». Il requiert une peine avec obligation de soins et une interdiction de paraître au domicile de sa femme et de ses enfants. Dans cette affaire, Hamed X est condamné à un an de prison avec sursis, assorti de 500 euros d’amende, d’une inéligibilité d’un an et de 4.800 euros de dommages et intérêts pour sa famille, ainsi que 1.500 euros pour les frais de justice de son ex-compagne. Pas d’obligation de soins toutefois. « Ce n’est pas parce que vous n’en avez pas besoin, mais parce que c’est à vous de faire le premier pas », prévient la présidente. En clair : reconnaître un problème d’alcool, ou risquer de revenir devant la justice. (avec PressPepper).

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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