Le tribunal correctionnel de Rennes a estimé, ce mercredi 8 juillet, pénalement irresponsable le ressortissant russe de 29 ans poursuivi pour les dégradations de plusieurs sépultures au cimetière de Saint-Jacques-de-la-Lande, commises les 20 et 23 avril derniers. Comme le laissait présager l’expertise psychiatrique, la juridiction a ordonné son hospitalisation complète sous contrainte. Elle lui interdit également de paraître à Saint-Jacques-de-la-Lande pendant trois ans.
Si le prévenu échappe à une condamnation pénale, il demeure en revanche civilement responsable de ses actes. Le tribunal l’a condamné à indemniser les familles des défunts dont les tombes ont été dégradées et qui s’étaient constituées parties civiles. Il devra également verser 2 500 euros à la commune de Saint-Jacques-de-la-Lande en réparation des préjudices moral et matériel subis.
Lors de sa précédente comparution (voir notre article), le 5 mai, l’audience avait été marquée par de nombreux rebondissements. Le prévenu s’était présenté avec plusieurs heures de retard, escorté par les forces de l’ordre, après une longue attente des victimes. Contre l’avis de son avocate, Me Marine Gravis, il avait demandé à être jugé immédiatement. Représenté par Frédéric Teillet, le parquet avait finalement accepté un renvoi afin de permettre une nouvelle expertise psychiatrique. « Au regard du trouble à l’ordre public, nous avons tenu à agir rapidement. Ceci étant, la procédure ne peut pas se faire au détriment de la défense. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation », avait alors expliqué le procureur.
Au cours de cette audience, la présidente Louise Miel avait dressé le portrait d’un homme particulièrement fragile. Atteint d’une schizophrénie à tendance paranoïde, souffrant d’idées suicidaires et vivant dans une grande précarité, il présentait également un casier judiciaire comportant huit condamnations. Quinze jours avant les faits, il avait déjà été retrouvé torse nu par les gendarmes dans un état préoccupant. Le tribunal avait néanmoins décidé de le maintenir en détention dans l’attente de son procès. Ce mercredi, la justice a finalement retenu l’altération majeure de son discernement au moment des faits, écartant toute responsabilité pénale.


