11 C
Rennes
samedi 2 mai 2026
AccueilActualitésRUE DE SAINT MALO : GALLO-ROMAINS, TOMBEAU ET PUNK

RUE DE SAINT MALO : GALLO-ROMAINS, TOMBEAU ET PUNK

SÉRIE D’ÉTÉ. Jusqu’à la fin du mois d’août, Rennes Infos Autrement vous propose une balade à travers le nom des rues. Anecdotes, Histoire, patrimoine : que se cache derrière l’odonymie rennaise ?

La rue de Saint Malo ne s’est toujours pas appelée ainsi. Elle était autrefois connue sous le nom de « rue Haute », par opposition à la rue Basse qu’est l’actuelle rue de Dinan. Si vous vous plantez devant le numéro 7, vous découvrirez un passage presque secret -la ruelle aux Chapeliers- qui permet de passer de la partie haute à la partie basse en coupant à travers les immeubles.

Au 7 de la rue de Saint-Malo, un passage ouvert uniquement en journée permet aux piétons de couper, direction la rue de Dinan. (Photo J.Moreau)

« Depuis les origines de la ville la rue Saint-Malo est un axe important qui permettait d’entrer et de sortir de Rennes suivant le tracé d’une ancienne route gallo-romaine » raconte Gilles Brohan animateur du patrimoine à l’office de Tourisme. « Elle forme ce qu’on appelle le cardo, l’axe nord-sud qui traverse une ville et croise en son centre névralgique le decumanus, l’axe est-ouest, en l’occurrence à Rennes la rue Saint-Melaine », ajoute-t-il.

De « Port-Malo » à « rue de la soif »

En 1792, la rue est rebaptisée « rue de Port-Malo », premier nom donné à la cité corsaire. C’est bien plus tard qu’elle sera baptisée par les rennais « rue de la soif ». Car oui, au siècle dernier encore, la rue de Saint-Malo était celle des bars… l’actuelle rue Saint-Michel accueillant plutôt des restaurant. La tendance s’est inversée du fil du temps.

Une rue aussi grande qu’à Paris !

Cette artère, qui débute place Sainte-Anne, file jusqu’à l’entrée de Saint-Grégoire et est ainsi considérée comme l’une des plus grandes rues de Rennes. Par comparaison, elle est aussi longue que la rue de Rivoli, à Paris.

Un ecclésiastique trouvé chez les punks !

Imaginez la surprise pour cette étudiante en Histoire, en 1980. Alors qu’elle vient d’entrer dans une boutique punk de la rue de Saint-Malo, elle décide d’essayer le vêtement qu’elle vient de choisir. On lui indique l’arrière-salle, qui fait office de cabine d’essayage.
Surprise : entre deux portants et trois cintres, se trouve un gisant en granit.

Un gisant découvert dans une boutique punk ? C’est l’un des secrets de la rue de Saint-Malo (Photo : Musée de Bretagne)

Alerté, l’Inventaire du Musée de Bretagne se déplace alors dans cet antre du grunge et identifie le monument funéraire comme celui de la tombe de Jean de Vaunoise, archevêque de Dol en 1188. Conservé à l’abbaye de Monfort-sur-Meu, on avait alors perdu sa trace en 1965 lorsqu’un antiquaire l’avait acquis et stocké dans sa réserve rue de Saint-Malo.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais le musée a dû alors se battre plus de dix-huit mois avec un collectionneur américain, prêt à se rendre acquéreur. Une chance pour le patrimoine local, le gisant de 208cm sur 62 pour un poids de plus d’une demi tonne étant aujourd’hui considéré comme l’un des premiers gisants connus en Bretagne.

Julien Moreau
Julien Moreau
Julien Moreau est journaliste de presse locale et chroniqueur judiciaire. Diplômé d'école de journalisme en 2008, il a depuis été reporter pour les rédactions du Parisien-Aujourd'hui en France, Ouest France et le Télégramme. Il a également collaboré avec la presse nationale (Le Canard Enchaîné, Le Nouvel Obs, 60 millions de consommateurs et Canal+) comme correspondant justice et politique.

// Dernières nouvelles publiées

les terrasses saisonnières font leur retour avec les beaux jours

Ce 1er mai, pendant que certains bullaient soleil, d’autres étaient déjà à pied d’œuvre dans le centre-ville de Rennes, notamment rue Saint-Hélier. Marteaux en...
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser