Derrière la République, la rue de Nemours s’est réveillée avec ses vitrines étoilées. Dans cette artère du centre-ville de Rennes, connue pour ses nombreux commerces de bouche, une femme sans domicile fixe, âgée d’une quarantaine d’années, a été interpellée par les policiers dans la nuit, vers 2 h. Elle est soupçonnée d’avoir dégradé à coups de pavé les devantures de sept établissements.
Une pizzeria, une boulangerie (partie en vacances), une boutique de lingerie, une agence de voyages et un opticien figurent parmi les commerces touchés. La suspecte a finalement été arrêtée devant le magasin Krys, en flagrant délit. Elle a été immédiatement placée en garde à vue au commissariat de Rennes.
On ne peut pas partir en vacances tranquillement »
Ce matin, les commerçants ont découvert les dégâts en relevant leur rideau. Sur les boutiques visées, les policiers avaient laissé des affichettes les invitant à se rendre au commissariat pour déposer plainte. « ces dernières années, je suis toujours passée au travers », confie la gérante d’une boutique spécialisée dans la lingerie féminine. « Et là, ce matin, je ne pensais pas découvrir ça en arrivant. »
De l’autre côté de la rue, Florian, co-gérant avec son père d’une pizzeria très appréciée des Rennais, ne cache pas son exaspération. La mésaventure tombe particulièrement mal : il devait partir en voyage deux heures plus tard. « Cela fait sept ans que je suis installé ici et c’est déjà la troisième ou la quatrième fois que ma vitrine est dégradée. Cela représente une belle perte. Aujourd’hui, nous sommes environ six commerçants dans la rue à avoir subi la même chose. »
Ces dégradations répétées finissent par peser sur le quotidien du restaurateur. « On ne peut pas partir en vacances tranquillement. Chaque fois que je ferme la boutique pour le week-end ou pour quelques jours, j’ai toujours peur qu’il arrive quelque chose. » Arrêtée, la quadragénaire serait bien connue des riverains et des professionnels du secteur. « Elle agresse régulièrement des gens », affirme Florian. « Elle a déjà violemment frappé une femme avec un pavé devant un autre de ses établissements. Les policiers font ce qu’ils peuvent, comme dans beaucoup d’endroits. Mais il y en a marre. » Les policiers attendent également les plaintes de l’ensemble des commerçants touchés.


