Ce samedi, le tribunal administratif de Rennes vient de rejeter le recours déposé par une organisation syndicale contre l’interdiction de manifester ce samedi 24 octobre 2026 dans le centre-ville. La décision de la préfète Emmanuelle Dubée est donc maintenue. Trois organisations syndicales, la Confédération paysanne, la FSU et Solidaires 35, avaient pourtant appelé à un rassemblement à 14 h, place de Bretagne.
C’est un nouveau rebondissement dans le bras de fer opposant les organisations syndicales à la préfecture d’Ille-et-Vilaine. Saisi par un syndicat qui demandait l’annulation de l’arrêté interdisant les manifestations dans le centre-ville de Rennes, le tribunal administratif a rejeté sa requête. « Le rassemblement place de Bretagne annoncé sur les réseaux sociaux et la manifestation déclarée tardivement par un syndicat demeurent ainsi interdits », confirme la préfecture.
Pourtant, trois organisations syndicales avaient décidé de maintenir leur appel à la mobilisation. Dans un tract commun, la Confédération paysanne d’Ille-et-Vilaine, la FSU 35 et Solidaires 35 invitaient les Rennais à descendre dans la rue « contre la vie chère, l’autoritarisme et les interdictions de manifester ». Elles avaient même proposé un parcours précis : place de Bretagne, mail François-Mitterrand, rue Claude-Bernard, boulevard de Guines, boulevard du Colombier, boulevard Beaumont et place de la Gare.
« Notre droit de manifester est bel et bien muselé à Rennes », dénonçaient les trois organisations dans leur appel. Pour elles, « la liberté de manifester est un droit fondamental et constitutionnel pour toutes et tous ». Les syndicats estimaient que les interdictions préfectorales constituaient une restriction injustifiée des libertés publiques. « Au lieu de répondre aux revendications et de s’attaquer aux causes de la colère, le pouvoir choisit la restriction des libertés », ajoutaient-ils.
Cette mobilisation intervient une semaine après les graves violences du samedi 17 octobre. Après une manifestation ayant rassemblé 12 000 personnes selon la préfecture, le centre-ville de Rennes avait connu des scènes de pillages, des incendies et des affrontements avec les forces de l’ordre. Plusieurs commerces avaient été dévastés, notamment aux abords de la place de la République et du centre commercial Colombia.
Pour prévenir de nouveaux débordements, la préfète Emmanuelle Dubée avait décidé d’interdire les manifestations dans une large partie du centre-ville. Ce samedi matin, Rennes présentait pourtant un visage relativement calme, malgré une importante présence policière sur les principaux axes d’accès et dans le centre-ville. Quelques tentatives de blocage ont été rapidement interrompues par les forces de l’ordre.
Après la décision du tribunal administratif, la préfecture maintient sa mise en garde. Elle « appelle à ne pas rejoindre ces rassemblements où des individus sont susceptibles de commettre des violences et des dégradations ». Reste à savoir si les manifestants décideront malgré tout de se retrouver dans les rues rennaises.


