À partir du 16 novembre prochain, le stationnement payant gagnera de nouveaux secteurs dans les quartiers Thabor et Saint-Martin. Présentée comme une réponse aux difficultés rencontrées par les riverains, cette extension a donné lieu à un vif affrontement entre majorité et opposition, lors du dernier conseil municipal, tenu ce lundi 29 juin 2026, dans la grande salle de l’Hôtel de ville de Rennes.
La politique de stationnement de la ville de Rennes poursuit son extension. Elle prévoit l’intégration de près de 1 100 nouvelles places au périmètre du stationnement payant. Dès le 16 novembre 2026, environ 800 places basculeront en zone verte dans le secteur Thabor–Saint-Hélier–Alphonse-Guérin–Baud-Chardonnet, tandis que 300 places seront concernées dans une partie du quartier Saint-Martin. « Cette délibération vise à mieux à améliorer les conditions de stationnement pour les riverains et accompagner les objectifs de mobilité durable que nous poursuivons à l’échelle de notre territoire», indique Romain Poujol, adjoint aux mobilités.
Situés à proximité du centre-ville et des stations de métro, ces secteurs connaissent une occupation importante de l’espace public. Beaucoup d’usagers y stationnent leurs véhicules , avant de prendre un bus pour rejoindre leur lieu de travail. « Dans un tel contexte, l’offre de stationnement sur voirie ne permet plus de répondre correctement aux besoins des riverains, dont beaucoup ne disposent pas de places de stationnement privées, ni à ceux des visiteurs de courte durée. Notre objectif est double : redonner de la disponibilité aux habitantes et aux habitants ainsi qu’aux visiteurs en limitant le stationnement de longue durée sur l’espace public et encourager le recours aux alternatives à la voiture individuelle », a-t-il expliqué. Selon lui, cette extension répond à « des demandes récurrentes exprimées par les habitants de ces quartiers qui souhaitent pouvoir se stationner plus facilement à proximité de leur domicile ». Par cette décision, la ville entend ainsi favoriser la rotation des véhicules, préserver le stationnement des résidents et orienter les automobilistes qui laissent leur véhicule toute la journée vers les parkings-relais ou les parkings C-Park.
Nous avons supprimé des places pour réduire la vitesse et végétaliser certains secteurs », Romain Poujol.
L’opposition n’a pas tardé à réagir. Pour Charles Compagnon (Vivre Rennes), la municipalité présente comme une solution un problème qu’elle aurait elle-même créé. « Cette présentation est, au mieux, très incomplète. Au pire, elle est franchement malhonnête. » Pour lui, la situation actuelle sur le stationnement est avant tout la conséquence de la suppression progressive de nombreuses places au fil des réaménagements urbains. « Cette tension sur le stationnement, qui l’a créée ? C’est vous! » Prenant l’exemple du quartier Jules-Ferry, plus de quatre-vingts places y ont disparu alors que de nouveaux logements étaient construits. « La mécanique est quand même extraordinaire : vous supprimez les places, vous constatez ensuite qu’il n’y en a plus assez, puis vous présentez la facture aux Rennais ! » Selon lui, cette politique traduit une « réduction systématique du stationnement en surface » et une véritable « chasse à la voiture dans l’espace public ».
Leader de l’opposition, Charles Compagnon enfonce même le clou. « Tout le monde ne peut pas se rendre au travail à pied, à vélo ou en métro. Tout le monde n’a pas des horaires compatibles avec les transports collectifs. Tout le monde ne travaille pas dans le centre de Rennes. » Au passage, Charles Compagnon a plaidé en faveur des familles qui possèdent plusieurs véhicules. « De nombreux jeunes adultes restent plus longtemps chez leurs parents, notamment en raison du prix du logement. Dans un même foyer, il peut donc y avoir 2, 3, 4 personnes avec un permis de conduire. Ces familles pourraient bénéficier d’un abonnement résidentiel pour une seconde automobile avec au minimum une possibilité adaptée pour le samedi. Cette demande est raisonnable. Elle correspond à la réalité de la vie des familles rennaises », a-t-il insisté.

Cet argument a été toutefois balayé par Romain Poujol. « Une politique de stationnement efficace, pour moi, c’est aussi une politique qui permet justement d’abandonner cette deuxième voiture.» Par la voix de Victor Bayard, le groupe Insoumis a adopté une position plus nuancée. Favorables à l’extension du stationnement payant, ses élus se sont toutefois abstenus sur la délibération portant sur les tarifs, souhaitant une tarification davantage progressive selon les revenus. « Un impôt ou une contribution est d’autant plus accepté qu’il est juste dans sa mise en place et universel dans son déploiement », ont-ils fait valoir. Pour rappel, la ville va faire évoluer les tarifs du stationnement sur voirie à compter du 15 juillet 2026. Elle justifie cette hausse moyenne de 2 % par l’augmentation des coûts de gestion, dans un contexte marqué par une inflation cumulée de près de 16 % entre 2020 et 2025. Les principales évolutions sont résumées dans l’encadré ci-dessous.




