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QUE FAIRE CONTRE LE BRUIT ?

Ecrit par Dragan Brkic

Les élections municipales auront lieu en mars 2020 et l’on ne peut pas vraiment dire que les listes se soient emparées des problématiques de fond qui soucient le plus les Rennais. Le débat sur l’insécurité est aujourd’hui étouffé, certaines listes ayant peur de s’en mordre les doigts en avouant qu’il y a une insécurité profonde à Rennes… Mais au-delà de l’insécurité patente, il y le problème des petites incivilités qui empoisonnent le quotidien des Rennais, et surtout leurs nuits…

                                  Le bruit : un sujet récurrent !

Le bruit apparaît comme un sujet récurrent lorsqu’on sonde les Rennais. Bien sûr, les saintes-nitouches habituelles diront que ce n’est pas vrai, qu’elles ne sont aucunement dérangées par le bruit, qu’il n’y a pas de troubles à la tranquillité publique à Rennes, que c’est une ville et que c’est donc normal de faire du boucan jour et nuit. Pourtant, le malaise est profond chez une grande partie de la population qui souffre et se sent abandonnée par les pouvoirs publics.

“Madame la mairesse a parlé dernièrement de Rennes ville zen. C’est gentil de sa part. Mais ça concerne uniquement une population favorisée qui profite du centre-ville une ou deux journées par an. Je voudrais bien que Rennes soit aussi une ville Zen la nuit, une ville entièrement zen pour tout le monde”, scande une habitante de Maurepas.

Mais ce qui est surtout reproché à la municipalité rennaise et à l’État, c’est d’avoir un double discours, d’avoir ouvert la boîte de Pandore du bruit et des incivilités quotidiennes en ayant institué une permissivité non avouée. “Le développement pharaonique de la cité n’a pas été accompagné par une application des règles du vivre ensemble permettant à tout le monde de vivre paisiblement. La ville est devenue difficile à habiter. Les conflits de voisinage sont récurrents. Des voisins en viennent aux insultes et aux mains. Des victimes sont menacées, attaquées”, commente un universitaire rennais.

Face à cette absence de citoyenneté et des autorités, des habitants du parc privé se sont organisés pour défendre leur immeuble. “La Police ne voulant pas intervenir pour du tapage nocturne ou diurne, on a constitué un réseau de voisins qui intervient lors des troubles. On n’est pas là pour se venger ou nous battre, mais c’est vrai qu’à plusieurs la colère est plus expressive”, raconte un habitant du quartier Marboeuf.

                     Impassibilité des pouvoirs publics

Cette impassibilité des pouvoirs publics est bien ressentie dans d’autres quartiers. “Cette nuit, je ne dors plus depuis 3 heures du matin à cause de jeunes voisins qui font des fêtes régulièrement. À Villejean, c’est devenu le bazar complet. Et lorsqu’on appelle les flics, on m’a conseillé de dire que c’est pour des dealers. Car ils n’interviennent que pour eux. Mais les dealers on s’en fiche ! C’est les emmerdeurs qui nous empêchent de dormir qui nous dérangent”, déclare une salariée de Villejean.

À Cleunay, c’est l’ambiance du quartier qui interroge…  “On en a marre de ceux qui nient la réalité de notre quartier et qui n’y habitent pas ! Je peux vous confirmer que ça a réellement changé depuis quelques années. Il a bien sûr la présence visible de dealers. Mais surtout, c’est des nouveaux habitants qui dégradent notre environnement déjà morose. Ils font du bruit, boivent et se regroupent sur parking, balancent leurs bières à même le sol. C’est triste de vivre dans cette ambiance grisâtre”, raconte un habitant de Cleunay, écœuré. 

Alors, est-ce que les listes présentes aux municipales s’intéresseront à ces problèmes de fond du quotidien des Rennais ? “Je ne vois pas de listes qui s’intéressent au sort des gens. Y’en a un qui a même trouvé la solution miracle en proposant des caméras pour filmer les dealers. Pff ! Mais les résidents ont besoin de règles qui s’appliquent. Dans ma résidence, j’essaie d’intervenir mais on ne me donne pas le pouvoir d’assermentation qui pourrait en calmer plus d’un. Les gens sont en attente. Ils souffrent”, explique un concierge d’un immeuble privé.

A propos de l'auteur

Dragan Brkic

Écrivain, j'ai publié Le Petit Noir des Balkans, Prière d'insérer, La condition pénitentiaire, Footness et Comprendre la délinquance française.

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