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dimanche 27 septembre 2026
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Pourquoi les pompiers seront en grève les 28 et 29 septembre

Ils éteignent les incendies, mais ce n’est désormais qu’une petite partie de leur quotidien. Secours aux personnes, carences ambulancières, accidents : les sapeurs-pompiers sont devenus le dernier recours dans quantité de situations. En vingt ans, leur nombre d’interventions a augmenté de plus de 30 %, tandis que les effectifs évoluent beaucoup moins. Pour les syndicats, le modèle français de sécurité civile arrive à un point de tension et nécessitent deux jours de mobilisation nationale les 28 et 29 septembre. 

Lors d’une dernière Sainte-Barbe, les élus se pressaient dans le centre de secours de Rennes.

En 2025, les sapeurs-pompiers ont réalisé près de 5 millions d’interventions en France. Mais contrairement à l’image d’Epinal du soldat du feu, les incendies n’en représenteraient plus que 6 %, contre 79 % pour le secours et les soins d’urgence aux personnes. « Le nombre d’interventions de pompiers ne cesse de croître alors qu’on est à peu près à effectif constant », résume le sociologue Romain Pudal, ancien pompier volontaire, interrogé par Le Monde. Cette évolution s’expliquerait aussi par les difficultés d’autres services publics. « Toutes les situations qui ne sont pas prises en charge par les services sociaux ou par l’hôpital (…) ce sont des situations que, tôt ou tard, les sapeurs-pompiers vont devoir gérer. »

Le Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels et des personnels administratifs, techniques et spécialisés (SNSPP-PATS) dresse le même constat. Il évoque « l’insuffisance des moyens nationaux », les «tensions sur les effectifs», «l’augmentation des sollicitations opérationnelles», la multiplication des carences ambulancières et «l’épuisement des personnels». Pour le syndicat, les risques ont également changé : mégafeux, canicules à répétition, catastrophes climatiques et explosion des secours d’urgence mettent à l’épreuve un modèle conçu dans les années 1980 et 1990.

80 % des pompiers sont volontaires

Devant cette activité croissante, le financement constituerait l’autre sujet de crispation. Environ 7 milliards d’euros sont consacrés chaque année aux services d’incendie et de secours, principalement financés par les départements et les communes. Les dépenses seraient passées de 5,6 milliards d’euros en 2006 à un peu plus de 7 milliards en 2024, une progression qui, une fois l’inflation prise en compte, ne traduirait pas une augmentation équivalente des moyens réels.

Mais le modèle français repose surtout sur les volontaires. La France compte environ 44 000 sapeurs-pompiers professionnels, 13 400 militaires, principalement à Paris et Marseille, et quelque 201 000 volontaires. Ces sapeurs volontaires représentent ainsi près de 80 % des effectifs. Formés et engagés sur les mêmes missions opérationnelles, ils exercent cependant cette activité parallèlement à leur vie professionnelle et familiale et perçoivent des indemnités plutôt qu’un salaire. Pour un sapeur de premier grade, le montant horaire indiqué est de 8,71 euros!

«Ce n’est pas une force d’appoint ou un complément aux forces professionnelles. C’est vraiment la colonne vertébrale de la sécurité civile », souligne un officier. Mais cette colonne vertébrale est fortement sollicitée depuis de nombreuses années. « Vous ne pouvez pas, entre guillemets, tirer sur la corde indéfiniment. Les pompiers volontaires travaillent, ils vivent en famille, ils ne peuvent pas venir à la demande systématiquement », prévient un pompier. Selon lui, une revendication revient aujourd’hui largement chez les professionnels : recruter davantage, avec le chiffre de 20 000 embauches avancé dans le débat.

Le SNSPP-PATS va plus loin. Il dénonce le recours, dans certains services, à des sapeurs-pompiers professionnels qui reviennent comme volontaires pendant leurs congés ou leurs repos afin d’assurer des renforts. « Une politique publique ne peut reposer sur le sacrifice permanent des congés, des repos de sécurité et de la vie familiale des agents », estime le syndicat. Il prend toutefois soin de rappeler que l’engagement des volontaires est « indispensable » : c’est l’organisation générale du système qu’il remet en cause.

Recentrer les pompiers sur leurs missions

Derrière la question des effectifs se pose donc celle des missions. Les syndicats réclament davantage de moyens humains, matériels et financiers, mais souhaitent également que certaines interventions soient réexaminées. « Des missions aujourd’hui confiées aux services d’incendie et de secours pourraient être partagées avec le transport sanitaire privé, les associations agréées de sécurité civile ou d’autres opérateurs spécialisés», indique le SNSPP-PATS. Pour le syndicat, incendies, secours d’urgence et catastrophes doivent, en revanche, bénéficier d’effectifs professionnels dimensionnés en fonction des besoins de la population.

Une grande concertation avait été engagée en 2024 avec le Beauvau de la sécurité civile. Mais selon le SNSPP-PATS, « aucune réforme structurelle majeure n’a suivi ». Les évolutions reviennent désormais dans le débat autour de la modernisation du modèle de sécurité civile, sans convaincre tous les représentants des pompiers. « Il y a un discours un peu gouvernemental qui consiste à dire : on va moderniser, on va renforcer la sécurité civile. Et puis, il y a un discours pompier de terrain qui dit qu’en fait, il ne faut pas moderniser ou renforcer ou je ne sais quoi, il faut juste des moyens », résume Romain Pudal. Le communiqué syndical se termine d’ailleurs par une formule qui résume son inquiétude. « Les crises climatiques n’attendront pas les réformes et il est temps que les réformes cessent d’attendre les crises ! »

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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